Difficile de résister aux tarifs de l'off-shore

Publié le 30/07/2012
Les centres d'appels emploient 270 000 personnes dans l'Hexagone, alors que la main d'oeuvre off-shore coûte environ moitié prix.
Difficile de résister aux tarifs de l'off-shore
Difficile de résister aux tarifs de l'off-shore
Les centres d'appels emploient 270 000 personnes dans l'Hexagone, alors que la main d'oeuvre off-shore coûte environ moitié prix.

Le Républicain Lorrain, Samedi le 28 Juillet 2012 / IG /
 

 

 

En France, 80 % des coûts sont liés aux salaires.

Selon Laurent Uberti, président du syndicat patronal SP2C qui représente 90 % des centres d'appels externes, la filière réunit près de 70 000 salariés, auxquels s'ajoutent 200 000 salariés au sein des entreprises (télécoms, banques, assurances, services publics, agences de voyages).

Plus de 50 % de l'activité des centres d'appels externes (Teleperformance, Webhelp, Acticall, Teletech international, etc.) est dédiée aux seuls opérateurs (France Télécom-Orange, Bouygues, SFR et le nouveau venu Free).

Certains acteurs du secteur sont sceptiques quant à la faisabilité d'un retour en France des activités délocalisées, celles-ci ayant connu une montée en puissance ces dernières années. « Il y a dix ans, l'off-shore représentait zéro emploi. Aujourd'hui, c'est 45 000 emplois, répartis en grande majorité entre le Maroc et la Tunisie », a indiqué M. Uberti, précisant que « l'off-shore représente entre 20 et 25 % de l'activité ».

Pour Isabelle Lejeune-To (CFDT), ces délocalisations n'avaient pas d'impact sur l'emploi en France mais pour la première fois, il y a un risque qu'elles provoquent « une destruction d'emplois » dans l'Hexagone.

Selon M. Uberti, les difficultés des trois opérateurs historiques ont « des conséquences immédiates sur les sous-traitants ». Ces derniers pourraient perdre 5 000 à 7 000 emplois en 2013, parfois au profit de l'off-shore, où la main-d'oeuvre - tout en étant qualifiée et relativement bien payée - coûte moitié moins cher, dit-il.

« Grosso modo, le prix de l'heure pour un salarié d'un centre d'appel est estimé entre 25 et 30 EUR en France et entre 12 et 16 EUR au Maghreb », explique Frédéric Madelin (SUD-PTT). En Afrique, objet d'une « deuxième vague » de délocalisation avec 5 000 à 7 000 emplois, essentiellement au Sénégal, il est même évalué entre 7 et 10 EUR/h, selon M. Madelin.