Distributeurs : crainte de pénurie

Publié le 19/12/2009
Face à la grève des dabistes, la fédération des transports de fonds appelle à ne pas céder à la panique, au risque d'assécher les distributeurs.
Distributeurs : crainte de pénurie
Distributeurs : crainte de pénurie
Face à la grève des dabistes, la fédération des transports de fonds appelle à ne pas céder à la panique, au risque d'assécher les distributeurs.

Le Républicain Lorrain, Samedi le 19 Décembre 2009 / IG /


Il y a 50 000 distributeurs dans toute la France, dont 20 000 sont gérés par les dabistes et 30 000 par les banques elles-mêmes. Photo Julio PELAEZ

La grève illimitée, débutée hier par les dabistes, chargés de l'approvisionnement et de la maintenance des distributeurs automatiques de billets (DAB), ne devrait pas perturber les retraits avant Noël.
Le président de la Fédération professionnelle du transport de fonds et de la sécurité fiduciaire (Fedesfi), Patrick Lagarde, a estimé qu'il n'y avait « pas lieu de céder à la panique car « environ 40 % des distributeurs sont chargés par nos sociétés et les autres par les banques elles-mêmes ».  Les dabistes, environ un millier en France, chargent les DAB depuis les coffres des agences bancaires, en moyenne une à deux fois par semaine. Ils revendiquent une prime de risque (72 euros mensuels actuellement) alignée sur celle des convoyeurs (233 euros), qui, eux, apportent l'argent dans les agences et les grandes surfaces et récupèrent leurs recettes.

Il est « inutile de se ruer sur les distributeurs, c'est ça qui pourrait provoquer une vraie crise », a ajouté Lagarde. « Avec une bonne organisation, l'approvisionnement ne sera pas bloqué », a assuré également Loomis, qui se partage avec la Brink's environ 80 % du marché. Les deux sociétés ont comptabilisé respectivement 20 et 30 % de grévistes hier, et Fedesfi 10 à 15 % au total.

Pressions

L'intersyndicale CFDT-FO-CGT-CFTC-CFE/CGC-FNCR estime que « le mouvement se développe et est très suivi, dans le centre-est notamment ». D'après Pascal Quiroga (CFDT), des employés de distributeurs subissent « beaucoup de pressions pour reprendre le travail ».
Du côté des réseaux bancaires, il n'y a pas de grosse inquiétude non plus. BNP Paribas a 20 % de son parc de 5 000 distributeurs sous-traité, ceux non adossés à des agences. Il faudrait environ cinq jours de grève avant un impact pour les utilisateurs.

Disposant du plus grand nombre d'agences en France, le Crédit Agricole a affirmé pour sa part que le mouvement n'avait pas d'incidence puisque les caisses régionales administrent elles-mêmes, pour l'essentiel, leurs parc.