Doux : accueil frais

Publié le 06/09/2016 (mis à jour le 06/09/2012)
La justice examinait hier à huis clos les offres de reprise du pôle frais
Doux : accueil frais
Doux : accueil frais
La justice examinait hier à huis clos les offres de reprise du pôle frais

© L'Est Républicain, Jeudi le 06 Septembre 2012 / France-Monde / Doux + Vosges Matin

 

Charles Doux a été pris à partie par des salariés qui lui ont jeté des oeufs. Photopqr

LE TRIBUNAL de commerce de Quimper a examiné hier à huis clos les offres de reprise partielle des sites du pôle frais du groupe Doux placé en liquidation judiciaire. Le jugement est attendu lundi à 15 h. Selon Raymond Gouiffès, délégué central CGT, qui a participé mardi à un comité central d'entreprise au siège du groupe à Châteaulin (Finistère), « il n'y a aucune offre qui soit vraiment intéressante ». Un avis partagé par Jean-Luc Guillard, délégué syndical central CFDT : « Je ne sais pas si tout a été fait pour sauver des emplois ». Les offres de reprise du pôle frais du groupe volailler permettraient au mieux de sauver 720 emplois sur un total de 1.692, soit 972 emplois menacés (894 CDI et 78 CDD). Le prix de cession des actifs du pôle frais pourrait atteindre 9,855 millions d'euros. « Une bonne nouvelle pour les créanciers » (dont les éleveurs et les transporteurs) puisque cette somme permettra de les payer..

Près de 200 salariés de Doux, dont des représentants de l'abattoir de Graincourt (Pas-de-Calais), pour lequel il n'existe plus d'offre de reprise, étaient rassemblés devant le tribunal de commerce de Quimper hier en début d'après-midi, à l'appel de la CGT, FO et CFDT.

« Nous demandons l'impartialité »

Charles Doux, président du groupe du même nom, qui arrivait au tribunal par une porte latérale en compagnie de son fils Jean-Charles, a été pris à partie par des salariés qui ont crié « Voyou ! Lâche ! » et lui ont jeté des oeufs, dont l'un l'a atteint à la veste. Sans faire de commentaire, le président Doux a rapidement gagné l'abri du tribunal.

Les syndicats réclament « le dessaisissement du tribunal de commerce de Quimper » en faveur d'une juridiction professionnelle, a assuré Raymond Gouiffès : « Nous demandons l'impartialité. Les patrons qui jugent des patrons, c'est une justice de classe ». Les organisations syndicales souhaitent une reprise totale du groupe, sans aucun licenciement, mettant en avant que ses entités sont très « imbriquées » entre elles et non dissociables. « Le tribunal de commerce de Quimper est un tribunal de proximité. Le groupe Doux a une grande influence sur Quimper », a dénoncé le syndicaliste qui espère « un rapport de force assez important pour que le tribunal lui-même dise : ''Nous ne sommes pas en mesure de statuer''».

Les offres déposées pourraient permettre de sauver à Blancafort (Cher) 130 emplois sur 244, à Laval l'intégralité des 303 salariés ou encore à Pleucadeuc (Morbihan) 135 emplois sur 407. Mais d'autres sites n'ont pas trouvé de repreneur, comme celui de Graincourt, avec ses 253 salariés, ou comme la partie pôle frais du site Doux de La Vraie-Croix (Morbihan), soit 115 salariés. Les groupes Glon Sanders, filiale de Sofiprotéol, Duc et LDC sont les principaux candidats à la reprise des différents sites du pôle frais. Doux a également fait une offre, mais sa proposition ne devrait pas être examinée car le groupe ne peut pas faire une offre sur une de ses filiales mise en liquidation judiciaire sans accord préalable du procureur de la République !

Quant aux autres activités de Doux (export et produits élaborés), le tribunal avait fixé la période d'observation jusqu'au 30 novembre.