Doux en redressement judiciaire

Publié le 03/06/2012
Le groupe Doux, leader européen de la volaille (3 400 salariés en France), a été placé hier en redressement judiciaire pour six mois faute d'accord avec ses créanciers.
Doux en redressement judiciaire
Doux en redressement judiciaire
Le groupe Doux, leader européen de la volaille (3 400 salariés en France), a été placé hier en redressement judiciaire pour six mois faute d'accord avec ses créanciers.

© Le Républicain Lorrain, Samedi le 02 Juin 2012 / IG

Le tribunal de commerce de Quimper, qui avait enregistré jeudi une déclaration de cessation de paiement du groupe familial basé à Châteaulin (Finistère), l'a placé à sa demande en redressement judiciaire. Le groupe, connu pour sa marque « Père Dodu » et plombé par une dette estimée à plus de 430 millions d'euros, a mené cette semaine à Paris des négociations avec ses créanciers, dont la banque d'affaires Barclays, pour trouver un compromis sous l'égide du ministère du Redressement productif. Ce dernier a regretté une « décision personnelle » de son dirigeant Charles Doux. « Le ministère du Redressement productif s'est mobilisé sans relâche pour trouver une solution équilibrée permettant le maintien de l'activité du groupe et la sauvegarde de ses 4 000 emplois », selon le communiqué. « Charles Doux a pris la décision personnelle de refuser cette solution qui garantissait l'apport de 35 millions d'euros au groupe », poursuit-il. Banque créancière du volailler, Barclays se dit pour sa part « extrêmement déçue par la décision de M. Doux d'abandonner les discussions en cours et de déposer le bilan aujourd'hui ».

Jean-Charles Doux, directeur général délégué et fils de Charles Doux, a expliqué que les plans de refinancement proposés « reposaient sur des solutions à court terme qui n'offraient pas de garanties suffisantes sur la continuité et la préservation des intérêts régionaux historiques du groupe ». Le volailler a annoncé qu'il mettrait en place rapidement « un plan d'aide destiné aux fournisseurs stratégiques et aux éleveurs afin qu'ils ne subissent aucune difficulté ». De 700 à 800 éleveurs travaillent sous contrat avec le groupe volailler en France.

Le redressement judiciaire sera l'occasion pour le volailler de « mettre au point un nouveau plan d'affaires centré sur ses activités françaises », détaille Doux. Une source proche du dossier avait expliqué jeudi qu'un redressement judiciaire apporterait une « bouffée d'oxygène car la dette ne serait plus exigible, et créerait un cordon sanitaire entre la France et le Brésil », siège d'une filiale très déficitaire. « Le redressement judiciaire est pour nous la garantie du versement de nos salaires mais nous avons peur d'un plan social », a résumé le délégué CFDT du groupe Doux, Jean-Luc Guillart.