Doux : un sursis de 4 mois

Publié le 02/08/2012
La justice prolonge la période d'observation jusqu'au 30 novembre et liquide le pôle frais.
Doux : un sursis de 4 mois
Doux : un sursis de 4 mois
La justice prolonge la période d'observation jusqu'au 30 novembre et liquide le pôle frais.

© L'Est Républicain, Jeudi le 02 Aout 2012 / Ouverture France-Monde + Vosges Matin

 

Le tribunal de commerce de Quimper a donné hier une chance de relance au groupe Doux, en permettant le maintien de la période d'observation du volailler breton jusqu'au 30 novembre, tout en mettant en liquidation le pôle frais, déficitaire, qui emploie 1.700 personnes sur près de 4.200.

Cependant, le tribunal a fixé au 10 août la date de dépôt des offres de reprises de « Doux frais », l'une des 23 sociétés du groupe, et au 10 septembre la fin de la période d'activité. Une audience d'étape se tiendra le 9 octobre pour les 22 autres sociétés du groupe. « Nous espérons que le plan de continuation auquel travaille Charles Doux (pour ces 22 sociétés) pourra être déposé entre les mains du tribunal à la rentrée de septembre », explique une source proche du dossier.

Le tribunal a également refusé « l'indivisibilité » de l'offre présentée sous l'égide de Sofiprotéol, l'établissement financier de la filière huiles et protéines végétales, estimant que le caractère indivisible de cette offre « devait être refusé car privant le tribunal de sa liberté de choix ».

Les sociétés et coopératives qui avaient présenté une offre sous l'égide de Sofiprotéol ont la possibilité de déposer de nouvelles offres « dans les meilleurs délais ».

L'avocat de Doux, Me Jean-Claude Gourvès, ne cachait pas sa satisfaction : « Nous avons sollicité et obtenu le maintien de la période d'observation [...]. C'est l'étape nécessaire pour nous permettre d'élaborer » le plan de continuation. Le plan de continuation de Charles Doux prévoit l'entrée majoritaire au capital de la banque britannique Barclays, qui espère ainsi récupérer ses 140 millions d'euros de créances. « Malheureusement, nous n'avons pas de solution pour Doux frais [...]. Nous espérons des candidats repreneurs pour ce pôle frais » d'ici le 10 août, a ajouté Me Gourvès.

La FNSEA préoccupée

« Si on lève cette indivisibilité » de l'offre Sofiprotéol, « il y aura moins de casse et je pense que, le 10 août, il y aura beaucoup de dossiers sur la table pour reprendre les sites » de Doux frais, a de son côté déclaré Jean-Luc Guillard, délégué central CFDT au sein du groupe Doux. « Il faut tourner la page », selon lui.

« Les deux solutions (Doux et Sofiprotéol) n'étaient pas bonnes », a estimé pour sa part Véronique Rives, déléguée CGT. « Comment imaginer autant de personnes au chômage alors que le secteur est porteur », s'est-elle interrogée.

« Pour moi, ce n'est plus Doux mais la Barclays qui nous dirige », a déclaré pour sa part Nadine Hourmant, déléguée FO. « Je considère que le groupe est anglais et que nous sommes dirigés par des financiers ».

« La liquidation du pôle frais me préoccupe énormément », a déclaré mercredi soir Xavier Beulin, président de la FNSEA, principal syndicat agricole, mais également PDG de Sofiprotéol. « Ma préoccupation ce soir, c'est de savoir si nous aurons ou non des opérateurs qui vont se porter candidats sur le pôle frais ». Le « consortium » Sofiprotéol avait fait une offre globale de reprise du groupe Doux. Ce consortium regroupait pour l'occasion des acteurs français du secteur volailler, privés et coopératives : Glon Sanders (filiale de Sofiprotéol), Duc, LDC, Terrena, Tilly-Sabco et Triskalia.

Premier bénéficiaire français des subventions européennes aux exportations (restitutions), le groupe Doux, propriétaire du célèbre Père Dodu, ploie sous une dette estimée à 430 millions d'euros et a été placé en redressement judiciaire début juin. Avec les CDD, plus de 4.000 personnes sont employées chez Doux, qui fait travailler 800 éleveurs. 2.000 personnes sont employées par des sociétés de transport travaillant pour le groupe, sans compter les nombreux emplois chez les fournisseurs et la sous-traitance.