Droits des chômeurs : Bertrand agace

Publié le 06/09/2011
La proposition du ministre du Travail de droits rechargeables pour les chômeurs irrite les syndicats qui y voient l'ingérence du gouvernement.
Droits des chômeurs : Bertrand agace
Droits des chômeurs : Bertrand agace
La proposition du ministre du Travail de droits rechargeables pour les chômeurs irrite les syndicats qui y voient l'ingérence du gouvernement.

© Le Républicain Lorrain, Mardi le 06 Septembre 2011 / IG /

 

 

Jacques Voisin (CFTC) espère que les déclarations de Bertrand « accéléreront la mise en place du dispositif ». Photo RL

Après le tollé suscité la semaine dernière par la suggestion de Bruno Le Maire, chargé du projet de l'UMP pour 2012, d'un plafonnement des indemnités chômage de cadres, Xavier Bertrand s'est dit prêt dimanche à discuter avec les partenaires sociaux de la possibilité pour les chômeurs de maintenir des droits à indemnisation non utilisés en cas de reprise du travail.

En instituant un système permettant au chômeur de garder ses indemnités non utilisées pour une période de non emploi ultérieure cela pourrait encourager, en particulier les précaires, à accepter un contrat même risqué, intérim ou CDD.

« C'est une bonne mesure pour sécuriser les salariés dans leur parcours et pour inciter à reprendre un emploi », souligne Laurent Berger de la CFDT. Mais, souligne-t-il, l'établissement des règles d'assurance chômage « ce n'est pas de la responsabilité du gouvernement, mais des partenaires sociaux. Bas les pattes ! Qu'ils nous laissent travailler. Qu'ils fassent des annonces sur des sujets qui sont de leur responsabilité », s'agace le dirigeant cédétiste.

Avancée dès 2009 par la CFTC et portée par la CFDT lors de la dernière négociation sur l'assurance chômage, la mesure, objet d'un consensus syndical, n'a pas été retenue, faute d'accord avec le Medef, dans la nouvelle convention d'assurance chômage (juin 2011-fin 2013) signée en mars.

Le débat sur ce sujet - comme sur d'autres - a été reporté à l'examen d'un groupe de travail syndicats-patronat qui doit se réunir à cette rentrée.

« Cette question est de la compétence des partenaires sociaux et des gestionnaires de l'assurance chômage » et « doit être abordée dans le cadre d'un groupe de travail », martèle aussi le Medef.

Mourad Rabhi (CGT) soupçonne le gouvernement d'« un comportement de complaisance avant la présidentielle » et de « faire du rétropédalage » pour « effacer la proposition Le Maire » en avançant une mesure « plus vendable auprès de l'opinion ». Toutefois, le responsable cégétiste « invite » le gouvernement, s'il « est persuadé que cette mesure peut être une vraie solution », à « demander officiellement aux partenaires sociaux de faire un amendement à la Convention actuelle », que seule la CGT n'a pas signée.