Du privé au public : pénalisés

Publié le 12/05/2010
Le gouvernement et plusieurs syndicats recherchent le moyen d'inciter les futurs polypensionnés, ces fonctionnaires issus du privé, à prolonger de quelques années une carrière publique dont la brièveté les pénalise, pour les salaires mais surtout pour les retraites.
Du privé au public : pénalisés
Du privé au public : pénalisés
Le gouvernement et plusieurs syndicats recherchent le moyen d'inciter les futurs polypensionnés, ces fonctionnaires issus du privé, à prolonger de quelques années une carrière publique dont la brièveté les pénalise, pour les salaires mais surtout pour les retraites.

Les polypensionnés sont connus pour cumuler «  le pire des deux régimes de retraite : le privé comptabilise leurs mauvaises années, et leur carrière publique est trop courte, d’où un échelon salarial insuffisant avant la retraite », estime Brigitte Jumel (CFDT). Le taux d’emploi des seniors est pourtant bien meilleur dans le public que dans le privé, y compris chez les non-titulaires (CDD ou vacataires). Mais pour prolonger la carrière, «  il faut se pencher sur les évolutions de fin de carrière », souligne Brigitte Jumel.  

Le but «  n’est pas seulement d’encourager ces salariés à prolonger leur carrière, mais aussi d’éliminer les freins à la mobilité, ce qui est vital pour la fonction publique », souligne-t-on dans l’entourage d’Eric Woerth. Le secteur public, en particulier les lycées d’enseignement professionnel, a besoin d’attirer des techniciens du privé. Dans l’informatique et d’autres professions, l’expérience en entreprise est précieuse, ajoute la même source. «  Dans le privé, vous pouvez compenser l’impact négatif, en terme de retraite, d’un emploi à temps partiel, avec un autre emploi, ou des heures supplémentaires, pas dans le public », estime Awa Burlet (CFTC). Les syndicats soulignent aussi que l’écrasante majorité des fonctionnaires n’a pas de retraite complémentaire et les primes (20 % du salaire en moyenne) ne sont de plus pas inclus dans le calcul de la retraite (75 % du salaire hors prime mais seulement 60 % du salaire total). 

Le ministère du Travail entend, lui, s’attaquer aux statuts précaires, qui représentent un emploi sur cinq dans la fonction publique et sont les plus exposés au temps partiel.

Publié le 12/05/2010 (RL-France)