Education : grève inédite

Publié le 28/09/2011
Des dizaines de manifestants du privé et du public dans toute la France à sept mois de l'élection présidentielle.
Education : grève inédite
Education : grève inédite
Des dizaines de manifestants du privé et du public dans toute la France à sept mois de l'élection présidentielle.

© L'Est Républicain, Mercredi le 28 Septembre 2011 / Ouverture France-Monde

 

La proximité de la présidentielle n'a pas échappé aux manifestants (ici à Nancy). Photo Alexandre MARCHI

Les enseignants du privé ont massivement fait grève hier, une première, s'unissant à leurs collègues du public, avec plus de 165.000 manifestants dans toute la France, selon les syndicats, qui protestaient contre les suppressions de postes. Ils étaient 110.000, selon le ministère de l'Intérieur.

A sept mois de la présidentielle, dont l'école sera l'un des enjeux, Nicolas Sarkozy a critiqué cette grève en relevant que, contrairement à d'autres professions, les « fonctionnaires [...] ont un statut qui les protège ».

N'empêche que la fronde est telle dans l'Education qu'elle fédère aujourd'hui les syndicats du public et du privé, côte à côte pour la première fois pour dénoncer la « dégradation » de l'école.

Il faut remonter à 1984 pour trouver une mobilisation d'envergure du privé contre le projet de loi de la gauche sur le passage de l'école privée au sein du service public d'enseignement.

« La coupe est pleine », a résumé Nicolas Cérami, proviseur du Parc-Impérial de Nice, qui a dit « soutenir » une grève « pour la première fois en 30 ans de carrière ».

Les défilés ont réuni plus de 165.000 manifestants en France dont « 45.000 à Paris », selon l'Unsa-Education et FSU. Ils étaient 8.500 dans la capitale, a dit la préfecture de police.

La « profondeur de la crise »

Pour les organisations professionnelles, cette première grève réunissant tous les syndicats du privé et du public était jugée « significative » dans le secteur public et « inédite » dans le privé, notamment dans les académies de Nantes, de Rennes et dans le Nord-Pas-de-Calais, bastions de l'enseignement catholique.

Dans le public, le ministère de l'Education a fait état dans la matinée de 29 % de grévistes dans le primaire et de 54 % pour la FSU. Pour les collèges et lycées, le taux de grévistes était de 22,3 % selon le ministère et de 46 % pour la FSU.

Signe d'une situation sans précédent, le secrétariat de l'enseignement catholique et la Fep-CFDT ont assuré n'avoir « aucun outil pour faire le décompte » des grévistes dans le privé, une telle mobilisation y étant très rare. Selon le syndicat du privé Snpefp-CGT, l'académie de Nantes, première du pays pour le privé, connaît « 35 % à 40 % de grévistes » avec plusieurs écoles entièrement fermées, ce qui est « inédit ».

Cette journée de mobilisation dans l'Enseignement a été bien suivie en Lorraine et Franche-Comté. Hier matin, entre 750 et 1.000 lycéens et enseignants étaient dans les rues de Belfort, 300 à Vesoul, 90 à Verdun. Dans l'après-midi, les cortèges ont animé les rues des cités plus importantes. A Nancy, la manifestation a rassemblé un gros millier de manifestants. A Besançon, les manifestants qui réclamaient davantage de moyens pour l'Education nationale ont arpenté les rues avec allant. Ils étaient entre 1.200 et 1.400 selon les chiffrages de la police et des syndicats.

Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, a estimé que la participation du privé traduisait « la profondeur de la crise ».

Les grévistes voulaient peser sur le projet de budget 2012 qui passe aujourd'hui en Conseil des ministres et prévoit 14.000 suppressions de postes. Au total, 80.000 postes auront été supprimés entre 2007 et 2012.