Éducation Luc Chatel veut tester le « modèle allemand » alors même que l'Allemagne le remet en cause

Publié le 26/05/2010
Sport tous les après-midi
Éducation Luc Chatel veut tester le « modèle allemand » alors même que l'Allemagne le remet en cause
Éducation Luc Chatel veut tester le « modèle allemand » alors même que l'Allemagne le remet en cause
Sport tous les après-midi

© L'Est Républicain, Mercredi le 26 Mai 2010 / France-Monde

 

Cours le matin et sport l'après-midi dès la rentrée pour certains élèves. Photopqr/Laurence MOUTON

Un nouveau rythme scolaire avec cours le matin et sports l'après-midi sera testé à partir de la rentrée dans une centaine de collèges et lycées en France.

Pour « renforcer la pratique du sport à l'école », le ministre de l'Éducation nationale Luc Chatel a annoncé hier que deux à quatre établissements par académie, « volontaires et disposant des équipements sportifs adaptés », seront retenus pour ces tests.

Deux enseignantsd'EPS sur troispartant à la retraitene sont pas remplacésdepuis quatre ans...

À raison de « deux à trois classes » par établissement, ils devraient donc concerner « 5.000 à 7.500 élèves » (sur 5,5 millions de collégiens et lycéens).

Une expérimentation a déjà été tentée par une classe de seconde du lycée Jean-Vilar de Meaux (Seine-et-Marne) depuis janvier: cours de 8h30 à 10h30 et de 11h à 13h30, activités sportives l'après-midi, puis soutien scolaire en effectifs réduits à partir de 16h30.

Un rythme qui « porte déjà ses fruits » selon Luc Chatel.

S'ils ont partagé le principe de favoriser la pratique du sport à l'école, les syndicats d'enseignants ont réagi avec scepticisme, notamment parce que l'Allemagne, elle-même, s'interroge sur ce rythme. « De nombreux Länder semblent en passe de revenir sur un système qui semble ne pas fonctionner aussi bien que le pense la technostructure ministérielle » française, a réagi dans un communiqué le Snalc-CSEN, syndicat plutôt classé à droite.

« On sait très bien que dans la réalité beaucoup de jeunes n'ont pas de pratiques sportives ou culturelles », assure la secrétaire générale de la FSU, Bernadette Groison.

« Le risque est que ces pratiques deviennent petit à petit de l'ordre du bénévolat, qu'elles soient facultatives », ajoute-t-elle.

Et ce d'autant plus que le nombre de professeurs d'Education physique et sportive (EPS) a baissé ces dernières années.

Manque étonnantde concertation

Alors que Nicolas Sarkozy avait fait du sport à l'école une des priorités de sa campagne, deux enseignants d'EPS sur trois partant à la retraite ne sont pas remplacés depuis quatre ans : pour environ 1.200 départs chaque année, il y a 400 recrutements.

Les nouvelles activités sportives ne seront pas organisées avec plus de professeurs d'EPS, a d'ailleurs expliqué Luc Chatel. « Nous allons travailler avec les éducateurs sportifs des fédérations ».

Enfin, à quelques jours de l'ouverture de la Conférence nationale sur les rythmes scolaires, que M. Chatel veut faire travailler « plusieurs mois », les syndicats ont dénoncé un manque étonnant de concertation.

« Ce type de méthode de gouvernement laisse songeur » a commenté le Sgen-CFDT.