Elan européen contre l'austérité

Publié le 15/11/2012
Les manifestants sont descendus en masse dans les rues hier à travers l'Europe, pour protester contre l'austérité, le chômage et la précarité.
Elan européen contre l'austérité
Elan européen contre l'austérité
Les manifestants sont descendus en masse dans les rues hier à travers l'Europe, pour protester contre l'austérité, le chômage et la précarité.

© Le Républicain Lorrain, Jeudi le 15 Novembre 2012 / IG /

 

 

Temps fort de la journée : la manifestation hier soir à Madrid, où des centaines de milliers de manifestants ont été dénombrés. Photo AFP

De Rome à Londres, plusieurs millions d'Européens sont descendus hier dans la rue à l'occasion de la « journée européenne contre l'austérité ». Le mouvement a été particulièrement suivi dans les pays du sud, soumis depuis plusieurs mois à des cures de rigueur sans précédent. Les taux de chômage crèvent les plafonds : plus de 15 % au Portugal, et plus de 25 % en Grèce ou en Espagne. Dans la péninsule ibérique, où les « indignés » côtoyaient les salariés au sein des cortèges, c'est sur fond de grève générale que des manifestations monstre ont ainsi eu lieu dans la plupart des grandes villes. Selon les syndicats espagnols, le mouvement a été suivi par plus de trois salariés sur quatre et le Portugal n'avait quasiment pas connu une mobilisation aussi massive depuis la Révolution des OEillets : à la suite des grèves dans les transports publics, Lisbonne était hier complètement paralysée. « Fin au désastre » ou « La Troïka : dehors ! » pouvait-on lire sur les pancartes. Quelques heurts ont éclaté en Espagne, où 82 manifestants ont été arrêtés et une quinzaine d'autres blessés.

La mobilisation a été plus faible dans les pays du nord de l'Europe, qui n'ont pas encore été placés sous la pression de la Troïka formée par l'Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international. Quelques manifestants ont tenté de bloquer la circulation à Londres et en Belgique l'appel à la grève semble surtout avoir perturbé la circulation des trains dans le sud du pays.

Timide en France

En France, 130 manifestations ont été recensées par la CGT, qui avait relayé l'appel à la grève avec la CFDT, la FSU, les Solidaires et l'Unsa. Selon les organisateurs, ils étaient ainsi 20 000 à Marseille, 3 000 au Havre ou 5 000 à Bordeaux à manifester dans les rues. « Les politiques d'austérité, c'est en Europe et c'est en France. Dès lors que l'on a le gel des salaires, l'annonce d'augmentation d'impôts, la baisse des dépenses publiques, c'est une politique d'austérité », a déclaré en marge de la manifestation parisienne le leader de la CGT, Bernard Thibault, en réponse au Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Le matin-même, ce dernier avait martelé à la radio que « l'austérité n'était pas la politique du gouvernement ».