Emploi : de pire en pire en zones sensibles

Publié le 24/12/2010
Sur 250 000 habitants de Zones urbaines sensibles (Zus) âgés de15 à 24 ans, 100 000 sont au chômage.
Emploi : de pire en pire en zones sensibles
Emploi : de pire en pire en zones sensibles
Sur 250 000 habitants de Zones urbaines sensibles (Zus) âgés de15 à 24 ans, 100 000 sont au chômage.

Le Républicain Lorrain, Vendredi le 24 Décembre 2010 / IG
 

 

A Metz, le quartier Barral, situé entre Seille, centre Pompidou et Magny. Photo Karim SIARI

Le taux global dépasse même celui de 2003, aux débuts de la loi d'orientation sur cinq ans en faveur des banlieues.

Le chômage touche 43 % des jeunes actifs et 37 % des jeunes actives habitant dans les quartiers pauvres, selon le dernier rapport de l'Observatoire national des Zones urbaines sensibles (Onzus). Le document a été remis hier au ministre de la Ville Maurice Leroy, deux mois après un rapport parlementaire selon lequel la pauvreté et le chômage se maintiennent à des « niveaux élevés » en Zus.

Pour Anousheh Karvar, secrétaire nationale de la CFDT, « l'inefficacité des politiques de la Ville et une certaine défaillance des services publics dans ces territoires produisent des effets cumulés sur le décrochage scolaire et le chômage... qui ne pardonnent pas en temps de crise ».

Sur une population active potentielle de 250 000 jeunes entre 15 et 24 ans, 100 000 sont au chômage, a détaillé la présidente de l'Onzus, Bernadette Malgorn, ex-préfète de région Lorraine (1996-2002). Tous âges et sexes confondus, le taux de chômage a grimpé à 18,6 % en 2009, contre 16,9 % en 2008, dans les 751 quartiers retenus par les pouvoirs publics comme cibles prioritaires de la politique de la Ville.

Pourtant, comme en Seine-Saint-Denis qui compte 36 des quartiers Zus de l'Hexagone, les entreprises ne sont pas absentes. BNP-Paribas, Hermès, SFR et peut-être Veolia : la Seine-Saint-Denis attire de plus en plus d'entreprises qui arrivent avec leurs milliers de salariés. Le mouvement a débuté avec l'assureur Generali, venu en 2003 à Saint-Denis. En 2013, SFR va regrouper dans cette ville ses 8 500 salariés. Terrains accessibles et pas chers continuent de séduire. Mais, explique Gilbert Roger, 1er vice-président du conseil général PS, « il s'agit de relocalisations pour la plupart des entreprises, donc elles ne créent pas d'emploi, elles arrivent avec leur personnel ».

Au 3e trimestre 2010, 11,2 % de la population active était au chômage en Seine-Saint-Denis, bien au-dessus de la moyenne régionale (8,2 %).

Les diplômés aussi

Au niveau national, le taux de chômage en Zus en 2009 dépasse les 17,2 % enregistrés en 2003 au moment de la mise en place de la loi d'orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine, dont l'objectif était de réduire significativement les inégalités en banlieue sur une période de cinq ans. Même les jeunes diplômés sont touchés par le chômage pour la première fois depuis 2003 alors que le diplôme les protégeait, déplore le rapport. Une situation « particulièrement difficile » touche les femmes d'origine étrangère, alors que les Zus « sont des territoires où les Français nés de parents français sont nettement sous-représentés ».

Ces quartiers concentrent aussi deux fois plus d'allocataires des minima sociaux, deux fois plus de personnes vivant sous le seuil de pauvreté et trois fois plus de bénéficiaires de la Couverture maladie universelle (CMU). Le revenu fiscal moyen de la population des Zus en 2007 s'élevait à 50-60 % de celui de leur unité urbaine.

D'après Mme Malgorn, « chaque année, 7 % des habitants quittent le quartier et sont remplacés par de nouveaux habitants, généralement en situation de précarité accrue par rapport aux partants ».