EMPLOI

Publié le 04/08/2011
Considérées comme un frein à l'embauche, les heures sup en question.
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Considérées comme un frein à l'embauche, les heures sup en question.

© L'Est Républicain, Jeudi le 04 Aout 2011 / France-Monde

Alors que l'emploi salarié n'a pas retrouvé son niveau d'avant la crise, la défiscalisation des heures supplémentaires est dans le collimateur des syndicats, d'économistes et de parlementaires.

Les mauvais chiffres du chômage de juin ont déclenché une nouvelle charge contre les heures exonérées d'impôts (pour les salariés) et de cotisations, au-delà des 35 heures, traduction dans la loi TEPA de 2007 du slogan « travailler plus pour gagner plus » du candidat Nicolas Sarkozy. Les détracteurs de la mesure pointent la modestie des gains et leur inégale répartition : « Individuellement, ce n'est pas un supplément décisif pour le pouvoir d'achat des salariés concernés », estime Laurent Berger, secrétaire national de la CFDT. Ce que confirme un rapport parlementaire conduit par les députés UMP Jean-Pierre Gorges et socialiste Jean Mallot. Selon ce rapport, le dispositif a bénéficié à « plus de neuf millions de salariés » qui ont enregistré un « gain annuel moyen d'environ 500 euros », à peine plus de quarante euros par mois. En outre, « les temps partiels ont peu bénéficié » de la défiscalisation et les non salariés ainsi que les foyers non imposables, pas du tout. « Auparavant, beaucoup d'heures supplémentaires n'étaient pas déclarées. On travaillait un peu plus, on touchait une prime en fin de mois », confirme Pierre Cahuc, professeur à Polytechnique. Phénomène visible dans les enquêtes emploi, avec un décalage entre le nombre d'heures travaillées selon les salariés, et le nombre d'heures déclarées, inférieur. Puis, « comme par miracle, le nombre d'heures déclarées a explosé », souligne l'économiste

Ceux qui veulent en finir avec la défiscalisation soulignent que les 174,5 millions d'heures supplémentaires déclarées au premier trimestre équivalent à plus de 383.000 emplois à temps plein. Trop simple pour Pierre Cahuc : « On ne substitue pas comme ça les emplois aux heures. C'est ce qu'on a aussi essayé de faire avec les 35 heures. Essayer de manipuler les heures pour créer des emplois, ce n'est pas efficace ».

Le ministre du Travail Xavier Bertrand a fait ses calculs : fin juillet, il citait l'exemple d'une entreprise de 8 personnes qui effectueraient chacune 4 heures supplémentaires, soit 32 heures au total : « cela ne fait pas 35 heures par semaine » -- soit une embauche à temps plein. Et de conclure : « ceux qui font des heures supplémentaires ne prennent le travail de personne ».