Emplois d'avenir :« Agir tout de suite »

Publié le 23/08/2012
Les emplois d'avenir devront, selon le projet de loi, se concentrer sur des secteurs offrant « des perspectives de croissance ». Et rapidement...
Emplois d'avenir :« Agir tout de suite »
Emplois d'avenir :« Agir tout de suite »
Les emplois d'avenir devront, selon le projet de loi, se concentrer sur des secteurs offrant « des perspectives de croissance ». Et rapidement...

© Le Républicain Lorrain, Jeudi le 23 Aout 2012 / IG /

 

 
 Premier texte examiné par le Parlement, fin septembre, les emplois d'avenir visent à répondre au chômage des jeunes peu qualifiés, mais syndicats et associations veulent des assurances pour que ces nouveaux emplois aidés soient un tremplin vers un travail durable.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a annoncé hier que cet engagement de créer 150 000 emplois sera le premier texte présenté pour « créer tout de suite un nouveau contrat de travail pour les jeunes ». Le projet - au menu du prochain Conseil des ministres - prévoit d'en financer 100 000 sur 2013 et 50 000 en 2014, pour un coût d'1,5 milliard d'euros en année pleine. Ces emplois seront réservés aux jeunes de 16 à 25 ans, peu ou non qualifiés des quartiers en difficultés ou des zones rurales enclavées. L'Etat subventionnera pendant un à trois ans leur embauche, en CDI ou CDD (d'un an minimum), à hauteur de 75 % dans la majorité des cas. Le temps plein sera la règle, avec quelques exceptions.

Scepticisme

D'après le projet de texte, ces emplois « devront se concentrer sur les activités susceptibles d'offrir des perspectives de croissance et de recrutement dans les années à venir » : filières verte, secteurs social et médico-social, aide aux personnes, filières numériques ou tourisme. Le dispositif s'appliquera pour l'essentiel au secteur public et non marchand et à la marge au secteur privé. Le gouvernement veut s'attaquer ainsi au noyau dur du chômage des jeunes, qu'il évalue à 400 000 personnes : des jeunes peu qualifiés pour qui le taux de chômage dépasse 40 %. Toutefois, un nombre limité d'étudiants à bac + 2 se destinant à l'enseignement pourront en bénéficier : 6 000 emplois d'avenir seront créés « dès janvier » dans l'Education nationale.

Le gouvernement relance un outil classique, « des emplois aidés », « ça ne règle pas le problème », a réagi le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly. Efficace à court terme sur les chiffres du chômage, cet outil offre des « résultats insuffisants » en termes d'insertion dans l'emploi, soulignait en 2011 la Cour des comptes. Associations et syndicats en sont conscients. La CFDT demande de « définir au préalable les 'secteurs d'avenir'» et réclame que les partenaires sociaux soient « impliqués dans le suivi ». Attention « à ne pas faire de fausses promesses à ces jeunes. Il faut les recruter dans des emplois porteurs. Sinon après 1 an ou 3 ans, la déception sera encore plus grande », a réagi hier Nadia Bellaoui, présidente de la Conférence nationale des coordinations associatives.