Enfants « à risque » : un projet conspué

Publié le 14/10/2011
La mise en place de tests de dépistage des difficultés dès 5 ans en maternelle fait hurler les acteurs de l'éducation. Le ministre calme le jeu.
Enfants « à risque » : un projet conspué
Enfants « à risque » : un projet conspué
La mise en place de tests de dépistage des difficultés dès 5 ans en maternelle fait hurler les acteurs de l'éducation. Le ministre calme le jeu.

© Le Républicain Lorrain, Vendredi le 14 Octobre 2011 / IG /

 

 

Pour le pédopsychiatre Marcel Rufo, « lorsqu'on est signalé tôt comme en difficulté, on le devient ». Photo Pascal BROCARD

L'idée lancée mercredi par le ministère de l'Education de créer des évaluations d'acquis en grande section de maternelle (dernière année avant le CP) est vivement critiquée, avant même que le projet soit soumis aux inspecteurs d'académie. Le syndicat d'enseignants SE-Unsa a critiqué hier le projet, qui vise à repérer les élèves « à risque » ou « à haut risque » à l'issue d'une phase de «repérage» sur «le comportement, le langage, la motricité et la conscience phonologique». SE-Unsa dénonce un « tri » en maternelle et un « étiquetage des enfants », alors que les enseignants « savent très bien identifier » les enfants en difficulté.
« Effrayant »

Le projet ministériel, intitulé « Aide à l'évaluation des acquis en fin d'école maternelle », « ne sera pas obligatoire », a assuré Jean-Michel Blanquer, directeur général de l'enseignement scolaire. Le ministre Luc Chatel a quant à lui affirmé qu'il n'était pas « question de faire des évaluations en classe de maternelle », et qu'il ne s'agissait que d'un document de travail.

Sébastien Sihr, du SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire, dénonce une «'évaluationnite' qui prend de plus en plus de temps au détriment des apprentissages ». Le Sgen-CFDT vilipende un projet « a bsurde, contre-productif, et pour tout dire un peu effrayant ». Pour la FCPE, première fédération de parents d'élèves, « on colle une étiquette extrêmement anxiogène sur des enfants ». Pour le SE-Unsa, « des enfants de cinq ou six ans seront déclarés en échec alors qu'à cet âge, quelques mois de plus ou de moins engendrent des différences importantes ». Le syndicat appelle à signer sa pétition.