Envolée du chômage : l'avenir s'annonce morose

Publié le 29/11/2011
Le nombre de demandeurs d'emploi sans activité en France métropolitaine a une nouvelle fois nettement progressé en octobre, de 1,2 %.
Envolée du chômage : l'avenir s'annonce morose
Envolée du chômage : l'avenir s'annonce morose
Le nombre de demandeurs d'emploi sans activité en France métropolitaine a une nouvelle fois nettement progressé en octobre, de 1,2 %.

© Le Républicain Lorrain, Mardi le 29 Novembre 2011 / IG /

 

 

« Tant que la situation économique ne s'améliorera pas, je ne vois pas comment les chiffres de l'emploi pourront réellement s'améliorer », a dit hier le ministre du Travail Xavier Bertrand. Photo AFP

Le chômage a poursuivi son envolée en octobre, avec 34 400 demandeurs d'emplois supplémentaires, sur fond de crise aggravée et de récession attendue, une descente aux enfers qui risque de se poursuivre. Le nombre de demandeurs d'emploi sans activité a progressé de 1,2 % à 2,814 millions, à un niveau inégalé depuis décembre 1999, selon les données du ministère du Travail publiées hier.

Depuis le printemps dernier, le marché de l'emploi se dégrade mois après mois. En septembre, le chômage était déjà monté en flèche. Depuis le début de cette année, 91 500 demandeurs supplémentaires se sont inscrits à Pôle emploi. Le gonflement s'explique aussi par le moindre recours des entreprises à l'intérim. En incluant les personnes avec activité réduite, le total des Français en quête de travail a progressé à 4,193 millions (+0,4%). La dégradation a frappé toutes les classes d'âge : le nombre de jeunes de moins de 25 ans sans aucune activité et en quête d'emploi a grimpé de 0,6 % (à 440 000), les seniors de plus de 50 ans de 2,4 % (à 585 000). Le nombre de chômeurs de longue durée (plus d'un an) est resté stable à un niveau élevé (1,593 million).

Objectif déjà caduc

Dès avant la publication de ces chiffres, le ministre du Travail Xavier Bertrand avait prévenu qu'ils ne seraient « pas bons » et invoqué une « crise dont on ne sort pas encore » et qui même « s'intensifie ». A cinq mois de la présidentielle, le gouvernement a fait une croix sur son objectif de faire reculer le chômage de masse sous la barre des 9 % en fin d'année (contre 9,1 % au deuxième trimestre). Désormais, c'est une forte hausse qui semble à l'ordre du jour : l'OCDE a prévu hier une progression du taux de chômage au-dessus de la barre symbolique des 10 %, à 10,4 %, fin 2012. Le gouvernement qui jusqu'ici prônait comme remède le développement de l'alternance évoque de nouvelles pistes comme la création de contrat à durée indéterminée dans le secteur de l'intérim.

Pour Mathieu Plane de l'OFCE, le plus grave est qu'un « scénario de risque récessif s'annonce alors qu'on a pas annulé les stigmates de la première crise » de 2008, « ce qui fait que les nouveaux chômeurs s'ajoutent aux anciens ». La situation est d'autant plus préoccupante qu'on peut s'attendre à « très peu de mesures de soutien à l'emploi - comme les emplois aidés, le chômage partiel ou le plan de relance », mis en place en 2008-2009, « car il n'y a pas les mêmes marges budgétaires », relève cet économiste. Selon Marie Claude Carrère-Gée, présidente du Conseil d'orientation pour l'emploi, un effort doit être fait pour « réactiver et simplifier » le dispositif du chômage partiel. C'est aussi le souhait des syndicats. Pour Laurent Berger (CFDT), le gouvernement doit mettre en place « des dispositifs de chômage partiel, de formation et de cellule de reclassement ».

Pour le candidat PS à la présidentielle François Hollande, le chômage élevé vient « sanctionner » la politique de Nicolas Sarkozy qui ne peut s'en « exonérer par la crise ». La secrétaire nationale d'EELV, Cécile Duflot, a déploré « plus d'un million de chômeurs supplémentair es » depuis 2007 et les « slogans vides et déclarations culpabilisatrices » de la droite.