Evaluation en maths et français pour les CM2

Publié le 17/01/2010
Les quelque 790 000 élèves de CM2 seront évalués en français et mathématiques à partir de demain jusqu'au 22 janvier, un test qui doit permettre au ministère de connaître leurs acquis, mais qui suscite des réticences chez les syndicats.
Evaluation en maths et français pour les CM2
Evaluation en maths et français pour les CM2
Les quelque 790 000 élèves de CM2 seront évalués en français et mathématiques à partir de demain jusqu'au 22 janvier, un test qui doit permettre au ministère de connaître leurs acquis, mais qui suscite des réticences chez les syndicats.

Dimanche 17 Janvier 2010, © Vosges Matin / FRANCE

Après les CM2 qui seront évalués du 18 au 22 janvier, les élèves de CE1 seront évalués du 17 au 21 mai.

Les élèves vont passer des tests selon un planning choisi par leur maître. Les compétences testées sont la lecture, l'écriture, la compréhension, le vocabulaire, l'orthographe, la grammaire. En mathématiques, il s'agit de la numération, du calcul, de la géométrie, grandeurs et mesures, organisation et gestion des données. Percevoir les lacunes En français, on leur demandera de repérer dans un texte des informations explicites, d'utiliser le contexte pour comprendre un mot, d'orthographier sous la dictée un texte simple. En mathématiques, il leur sera demandé d'écrire et nommer les nombres entiers, décimaux et les fractions, de calculer mentalement, de résoudre des problèmes relevant des quatre opérations. 'L'objectif est de donner un instrument aux enseignants pour percevoir les lacunes de leurs élèves afin d'adapter le dispositif d'accompagnement personnalisé' (soutien en petits groupes), indique-t-on au ministère de l'Education nationale, qui relève qu'on 'ne peut piloter sans tableau de bord'. Alors que le gouvernement se donne comme objectif de diviser par trois la proportion d'élèves ne maîtrisant pas les fondamentaux à la fin du primaire, ces tests serviront d'' outil de pilotage' au niveau des établissements, des départements, des académies comme au niveau national. Les résultats, qui leur seront transmis par les enseignants, permettront aux parents de savoir où se situe leur enfant. Plusieurs changements ont été introduits par rapport à la version initiale des tests mise en place l'an dernier: plusieurs réponses justes pourront être acceptées, le temps requis pour passer certains exercices est allongé, indique le ministère. Trois syndicats d'enseignants des écoles primaires (SNUipp-FSU, SE-Unsa et Sgen-CFDT) ont rappelé ' qu'ils refusent toute publication école par école des résultats qui introduirait une logique de concurrence inacceptable au regard des objectifs de l'école publique'. L'an dernier le ministère n'avait pas publié de données permettant de comparer les établissements entre eux. Les syndicats reprochaient aux tests, qui ont lieu en début du deuxième trimestre, d'évaluer parfois des notions qui n'auraient pas encore été vues en classe. Cette année, aux catégories 'acquis' et 'non acquis', ont été ajoutées 'absence de réponse' et 'élève absent', explique Gilles Moindrot, secrétaire général du Snuipp-FSU. Mais la notation reste selon lui trop simplificatrice, ne permettant toujours pas d'évaluer ce qui est 'partiellement acquis'. 'S'il y a une série de dix opérations, la notion est considérée comme acquise s'il y a une faute ou aucune, et non acquise si l'élève a fait plus de deux fautes, qu'il en ait fait deux ou dix' , explique-t-il. Selon lui, des sondages effectués sur un échantillon représentatif permettraient d'aboutir au même résultat. 'Désobéisseurs' Mais les syndicats n'appellent pas les enseignants à boycotter l'évaluation. L'an dernier, le ministère n'avait reçu que quelque 70% des résultats d'évaluation, notamment parce que les enseignants n'avaient pas transmis les résultats ou les avaient transmis de façon anonyme, indique Gilles Moindrot. Une très petite minorité d'enseignants, qui se sont baptisés 'désobéisseurs', avait même refusé de faire passer ces tests.