Express - Fièvre autour des pauses à Carrefour

Publié le 06/04/2010
A l'échelle des pratiques de la grande distribution, l'enjeu est majeur. Il dépasse même largement les 4 millions d'€ dans la balance, réclamés par près de 1.500 salariés du groupe Carrefour.
Express - Fièvre autour des pauses à Carrefour
Express - Fièvre autour des pauses à Carrefour
A l'échelle des pratiques de la grande distribution, l'enjeu est majeur. Il dépasse même largement les 4 millions d'€ dans la balance, réclamés par près de 1.500 salariés du groupe Carrefour.

Mardi 06 Avril 2010, © L'Est Républicain / FRANCE MONDE

Les dossiers seront déposés dans les semaines à venir devant les prud'hommes du Nord et de Picardie pour réclamer le paiement des temps de pause. Selon la CFDT qui défend le mouvement né au sein de plusieurs magasins du Nord et de Picardie, l'employeur n'a pas respecté les obligations édictées par la convention collective, selon laquelle une pause doit être rémunérée à 5 % du temps de travail effectif en vertu de la pénibilité des travaux réclamés aux employés des rayons et des caisses. Toujours selon le syndicat, le manque à gagner aurait concerné près de 33.000 salariés depuis 2005. « Il n'y a pas de raison d'être surpris, c'est un exemple qui témoigne de la réalité des pratiques de la grande distribution », dénonce Christophe Thomas, secrétaire général en Moselle et dans les Vosges. « C'est révélateur de la philosophie du dialogue social dans les grandes surfaces où tout est fait pour intimider les syndicalistes. Lorsqu'une section veut se créer, on a vite fait de coller une faute professionnelle aux salariés pour s'en séparer ».

« Dans la légalité »

Le syndicat s'emploie actuellement à recenser l'ensemble de salariés potentiellement concernés par les pauses non-payées dans le quart nord-est de la France, à travers les magasins Carrefour, Carrefour Market et Casino notamment. « Au total, cela pourrait représenter près de 1.000 dossiers, rien qu'en Lorraine » estime-t-il dans un contexte où, ces derniers mois, les enseignes resserrent leurs effectifs. La crise, sans doute, mais pas seulement. « Avec l'automatisation des caisses, les vagues de licenciements ont déjà démarré », assure le cédétiste qui voit dans cette démarche collective l'opportunité d'une brèche syndicale contre un secteur qui n'a « jamais vraiment pu être attaqué sur le plan syndical ».

De son côté, Carrefour Market se retranche derrière l'absence de jurisprudence sur cette question du paiement des heures de pause lorsqu'elle s'inclut dans le smic. Toujours selon l'un de ses représentants, l'entreprise reste « dans la légalité » rappelant qu'elle « complète par des primes et de la participation ».