Faux départ décrié à France Télécom

Publié le 25/02/2011
La nomination de l'ex-PDG Didier Lombard au poste de « conseiller spécial » fait bondir les syndicats qui dénoncent une manoeuvre lucrative.
Faux départ décrié à France Télécom
Faux départ décrié à France Télécom
La nomination de l'ex-PDG Didier Lombard au poste de « conseiller spécial » fait bondir les syndicats qui dénoncent une manoeuvre lucrative.

Le Républicain Lorrain, Vendredi le 25 Février 2011 / IG
 

 

Pour les syndicats, Didier Lombard reste le PDG à l'origine de la vague de suicides au sein de France Télécom. Photo REUTERS

Le conseil d'administration de France Télécom a décidé de nommer PDG Stéphane Richard, actuel directeur général, à compter du 1er mars, et a acté le départ de Didier Lombard de son poste de président non exécutif pour devenir « conseiller spécial de Stéphane Richard sur les orientations stratégiques et la vision technologique du Groupe ». Cette annonce a suscité « choc » et « incompréhension » des syndicats, qui jugent qu'il aurait fallu « couper les ponts » avec un patron à l'origine d'un bilan social « calamiteux », marqué par une vague de suicides.

« C'est l'étonnement et la surprise. On ne comprend pas », a déclaré la CFDT, ajoutant avec ironie que Didier Lombard, qui aura 69 ans dimanche, « mérite amplement sa retraite ». L'ancien patron, nommé en 2005, avait cédé les rênes opérationnelles du groupe le 1er mars 2010 à Stéphane Richard, après avoir été fragilisé par une vague d'une trentaine de suicides de salariés entre janvier 2008 et fin 2009.

Stock-options

« Lombard ne peut pas rester conseiller de Stéphane Richard. Ce n'est pas admissible », estime de son côté la CFTC. « Pour aller de l'avant, il faut que France Télécom coupe les ponts. Il faut qu'on rétablisse la confiance. Elle n'existe toujours pas dans l'entreprise ».

SUD juge aussi que le maintien de Lombard dans l'entreprise pose problème, dans la mesure où il n'est pas là « uniquement pour faire de la figuration ». Pour Force ouvrière, la décision est « politique ». « On ne peut pas, du point de vue de la direction, ne pas défendre le numéro un lorsqu'il est accusé au pénal », déplore le syndicat.

La CFE-CGC/UNSA dénonce « un héritage calamiteux » laissé par Lombard, et notamment « une entreprise traumatisée par une crise sociale sans précédent », et exige « le départ immédiat » de l'ancien PDG. Avec l'Association pour la Défense de l'Epargne et de l'Actionnariat des Salariés de France Télécom-Orange, l'organisation syndicale a dénoncé « un maintien en poste dans le but de bénéficier de ses stocks-options ». Si Didier Lombard « quittait le groupe, il perdait la possibilité de les faire valoir. Or le cours est actuellement trop faible pour les exercer », ont-ils souligné.

Stéphane Richard a récusé ces accusations. « Le fait qu'il prenne un rôle de conseiller auprès de moi dans les mois qui viennent n'a rien à voir avec cette affaire d'options », a-t-il assuré, précisant que le total des stock-options concernées était de 300 000. « On peut avoir des tas d'avis sur les uns et les autres et en particulier sur Didier Lombard. Il y a une chose qu'on peut difficilement contester, c'est la connaissance exceptionnelle qu'il a de ce secteur », a-t-il insisté.