Fillon ne veut pas céder « au défaitisme »

Publié le 21/01/2012
Social - Venu en Moselle assurer le service après-vente du sommet de crise, le Premier ministre a été rattrapé par l'actualité
Fillon ne veut pas céder « au défaitisme »
Fillon ne veut pas céder « au défaitisme »
Social - Venu en Moselle assurer le service après-vente du sommet de crise, le Premier ministre a été rattrapé par l'actualité

© L'Est Républicain, Samedi le 21 Janvier 2012 / Ouverture France-Monde 

Au pas de charge, le Premier ministre a arpenté l'usine Mephisto à Sarrebourg en Moselle. La célèbre marque emploie 480 personnes, une main-d'oeuvre qualifiée difficile à trouver. Suivi comme son ombre par Nadine Morano, la ministre de l'Apprentissage, il a écouté les explications des dirigeants qui exportent 80 % de leur production, innovent et renouvellent leur collection deux fois par an. Dans les ateliers, le ministre de l'Industrie, Eric Besson quitte le groupe et dialogue discrètement avec une ouvrière.

Mais pour une entreprise qui marche, beaucoup ferment ou délocalisent. Venu en Moselle assurer le service après-vente du sommet social, qualifié aussi de « sommet de crise », François Fillon a été rattrapé par l'actualité devant une salle conquise d'avance sur ces terres traditionnelles de droite. « Chacun voit bien nos difficultés. Elles prennent aujourd'hui le visage des salariés de Lejaby, à Yssingeaux (Haute-Loire), qui ne peuvent plus lutter contre des fabrications délocalisées en Tunisie. La réalité humaine à laquelle se trouvent confrontés ces salariés, souvent après des décennies de travail, est particulièrement choquante ». Les fermetures, ces dernières semaines, succèdent aux délocalisations ; Petroplus à Lejaby et à Sea France. Pour autant, affirme le Premier ministre, « le gouvernement ne renonce pas et ne baisse pas les bras devant les difficultés que rencontrent les entreprises ».

Ce fut le cas, selon le Premier ministre, à Sea France « malgré les responsabilités de certains acteurs qui ont conduit au désastre que l'on sait », dit-il, en visant les dirigeants locaux de la CFDT.

La riposte

« Nous nous battons à Petit-Couronne (Seine-Maritime) pour Petroplus », ajoute-t-il, « pour éviter que les banques cessent tout financement et conduisent au dépôt de bilan de cette entreprise et nous nous battons maintenant pour permettre qu'elle soit reprise par d'autres entreprises du secteur pétrolier ». Malgré tout, admet François Fillon « ces efforts ne sont jamais suffisants et c'est une stratégie en amont de ces difficultés qu'il faut mener », en prenant garde de « ne pas basculer dans le défaitisme ». Cette stratégie consiste à faire baisser le coût du travail et pour le chef du gouvernement l'exemple vient d'Allemagne.

Mais comme la campagne présidentielle n'est jamais loin, il en profite pour égratigner « ceux qui suggèrent de revenir au franc -- Marine Le Pen -- les autres qui suggèrent de passer aux 32 heures -- Eva Joly -- les derniers qui aspirent à revenir à la retraite à 60 ans -- Jean-Luc Mélenchon. Quant à François Hollande, si l'allusion au coût des 35 heures a été omise alors qu'elle figurait dans le discours écrit, il a été pourfendu pour son souhait de bloquer le prix de l'essence. La riposte, toujours la riposte.

Patrick PEROTTO