Fillon reste ferme sur les retraites

Publié le 26/06/2010 (mis à jour le 27/06/2010)
François Fillon, jusqu'alors en retrait dans ce dossier, a dit lors d'un « point d'étape » comprendre « les inquiétudes » et écouter « l'avis des Français qui ont manifesté » comme celui de ceux « qui n'ont pas manifesté ».
Fillon reste ferme sur les retraites
Fillon reste ferme sur les retraites
François Fillon, jusqu'alors en retrait dans ce dossier, a dit lors d'un « point d'étape » comprendre « les inquiétudes » et écouter « l'avis des Français qui ont manifesté » comme celui de ceux « qui n'ont pas manifesté ».

© Vosges Matin, Samedi le 26 Juin 2010 / France 

 
François Fillon : « Quelles que soient les oppositions, quelle que soit leur force, le gouvernement a le devoir d'assurer le financement des retraites ». Photo AFP

La journée intersyndicale de jeudi a été la plus suivie depuis début 2010, avec dans la rue entre 797 000 personnes selon la police et près de 2 millions selon les syndicats. Mais, selon le Premier ministre, « aucune mobilisation ne réglera le problème démographique que pose la question des retraites » et « l'intérêt général nous commande de ne pas transiger sur les principaux paramètres de la réforme » : 62 ans pour l'âge légal, 67 ans pour une retraite à taux plein et équilibre du système en 2018.

Droit dans ses bottes

Le numéro un de la CGT, Bernard Thibault, a fustigé cet « accusé de non-réception du message » de la journée d'action de jeudi, avertissant « qu'il ne faudra pas s'étonner que le conflit prenne une autre intensité à la rentrée ». Le leader de FO, Jean-Claude Mailly, a vu un Premier ministre « droit dans ses bottes » ne tenant « compte de rien », en référence à Alain Juppé face aux grandes grèves de 1995.

Le PS a accusé le chef du gouvernement d'opposer « une fin de non-recevoir aux Français ».

M. Fillon a fait valoir que la « concertation » allait se poursuivre sur les polypensionnés, la pénibilité et les carrières longues, ce dernier dispositif devant permettre, selon lui, à toute personne ayant commencé à travailler avant 18 ans de ne pas partir à la retraite après 60 ans. Ces discussions devraient se prolonger « tout au long de l'été » et « ce sera dans le cadre du débat parlementaire » qui débutera le 6 septembre que pourront être intégrées « les modifications éventuelles ». D'ici là, les syndicats vont maintenir la pression, avec des rassemblements « symboliques » le 13 juillet, jour inchangé du passage du projet de loi en Conseil des ministres, ainsi que de l'information aux parlementaires et aux vacanciers. Rappelant les contestations des précédentes réformes des retraites de 1993 et 2003, M. Fillon a estimé que, « quelles que soient les oppositions, quelle que soit leur force, le gouvernement a le devoir d'assurer le financement des retraites ». Il annoncera dans quelques jours « des mesures de recettes » pour combler les déficits des retraites à court terme.

« Provocation »

Après le ministre du Travail Eric Woerth jeudi, plusieurs membres du gouvernement ont relevé hierque la mobilisation était plus faible qu'en 2003 contre la réforme Raffarin-Fillon des retraites (un à deux millions de manifestants). 
Pour François Chérèque, le dirigeant de la CFDT, « ce type de provocation nous met au défi, on fera mieux qu'en 2003 » à la rentrée.
L'intersyndicale CGT-CFDT-CFTC-FSU-Unsa-Solidaires fera le point mardi, rejointe par FO qui était absente de ces réunions depuis plus d'un an et avait organisé sa propre journée d'action le 15 juin. 

Eric Woerth, qui doit aussi faire face à l'affaire Bettencourt, n'était pas hier aux côtés de M. Fillon, qui lui a cependant renouvelé sa « totale confiance ». Son absence a signé selon le PS la « reprise en main » du dossier par le chef de l'exécutif. Bernard Thibault pense aussi que les autorités sont « beaucoup plus inquiètes qu'elles ne veulent bien l'admettre ».