Flicage chez Ikea ?

Publié le 01/03/2012
Fichiers : le géant suédois du meuble aurait eu recours à des sociétés privées pour obtenir des informations issues de la base de données STIC. Pour se renseigner sur des salariés, des syndicalistes, voire des clients
Flicage chez Ikea ?
Flicage chez Ikea ?
Fichiers : le géant suédois du meuble aurait eu recours à des sociétés privées pour obtenir des informations issues de la base de données STIC. Pour se renseigner sur des salariés, des syndicalistes, voire des clients

© L'Est Républicain, Jeudi le 01 Mars 2012 / France-Monde  + Vosges Matin

 

Ikea veut « faire toute la lumière ». PhotoPQR/L'Alsace/Jean-François FREY

IKEA « SOUHAITE faire toute la lumière » sur des pratiques de « flicage » de son personnel et de clients, évoquées hier par le Canard Enchaîné, et va « entreprendre des vérifications », a annoncé son directeur de la communication.

« On souhaite faire toute la lumière sur cette situation. On a décidé d'entreprendre toutes les vérifications qui s'imposent pour savoir ce qu'il en est exactement », a-t-il déclaré, en précisant que cette position n'équivalait pas à une reconnaissance des pratiques incriminées par l'hebdomadaire satirique.

« On désapprouve de façon claire et vigoureuse toutes ces pratiques illégales qui peuvent porter atteinte à des valeurs importantes » comme « le respect de la vie privée », a-t-il ajouté.

Selon le Canard Enchaîné, la « direction risque » d'Ikea a passé un accord avec des enquêteurs privés qui lui fournissaient des informations issues du fichier policier STIC, de celui des cartes grises ou des permis de conduire, concernant des salariés avant embauche, des syndicalistes, voire des clients en cas de différend commercial.

« D'anciens policiers, reconvertis dans la sécurité privée, peuvent être tentés d'utiliser leur réseau pour obtenir indûment des renseignements », reconnaît-on de source policière, en évoquant des « dérives marginales ».

Selon Le Canard Enchaîné, des salariés comptaient déposer plainte mercredi. L'un de leurs avocats, Me Yassine a dit « souhaiter que la justice puisse enquêter sur ces soupçons latents de salariés confortés par cet article ».

Aucun délégué syndical contacté par l'AFP n'a confirmé avoir eu des preuves de ces agissements supposés. « Il y avait des doutes », a indiqué Salvatore Rinaldo, délégué central CFDT. « On n'avait pas de preuves, seulement un témoignage selon lequel il fallait mettre tous les faits et gestes des salariés sur une clé USB ». Le témoin, une employée de Rouen, « a refusé de rentrer dans le système et a été licenciée ».

Au ministère de l'Intérieur, on dit attendre l'ouverture d'une enquête judiciaire pour envisager d'éventuelles suites disciplinaires. « Tant que nous n'avons pas les éléments, nous restons extrêmement prudents », a commenté le porte-parole du ministère, Pierre-Henry Brandet. « Lorsqu'une ou des plaintes auront été déposées, l'enquête judiciaire devra déterminer si des fichiers comme celui du STIC, des immatriculations ou des permis de conduire ont été interrogés de manière illicite. Il y a une traçabilité dans la consultation de ces différents fichiers qui permet d'avoir une vision très claire de qui consulte quoi ». Chaque année des sanctions, pouvant aller jusqu'à la révocation, sont prononcées contre des fonctionnaires, notamment policiers, qui ont indûment consulté ou fourni des renseignements puisés dans le STIC.