FO en congrès : continuité sur fond d'incertitudes

Publié le 13/02/2011
Force ouvrière tient à partir de demain à Montpellier son 22e congrès, qui sera marqué par la stabilité avec la réélection attendue à sa tête de Jean-Claude Mailly, en dépit d'incertitudes sur l'avenir de la troisième centrale syndicale française.
FO en congrès : continuité sur fond d'incertitudes
FO en congrès : continuité sur fond d'incertitudes
Force ouvrière tient à partir de demain à Montpellier son 22e congrès, qui sera marqué par la stabilité avec la réélection attendue à sa tête de Jean-Claude Mailly, en dépit d'incertitudes sur l'avenir de la troisième centrale syndicale française.

© Vosges Matin, Dimanche le 13 Février 2011 / France 
 
Jean-Claude Mailly, qui doit être reconduit secrétaire général de FO à l'issue du congrès de la confédération, la semaine prochaine à Montpellier, a su s'imposer comme le patron incontesté du syndicat, grâce à un profil plus rassembleur que son prédécesseur Marc Blondel. (Photo AFP) 

A en croire son secrétaire général, « FO est sur une pente ascendante ». Depuis le dernier congrès de Lille en 2007, FO a pourtant connu des déconvenues. Avec 15,8 % des voix, elle a reculé de deux points et demi aux élections prud'homales de décembre 2008. A la SNCF, FO ne fait plus partie des organisations représentatives à l'échelle du groupe, ce qui la met hors jeu. A la RATP, elle a préservé d'extrême justesse le droit de s'asseoir autour de la table.

Réforme de la représentativité

A l'inverse, la confédération de M. Mailly a obtenu de bons résultats chez Airbus, où elle est majoritaire, ou dans les administrations départementales (28 %).

La CGT-FO (de son vrai nom puisqu'elle est issue d'une scission de la CGT en 1948) a aussi étendu son influence dans la police, les douanes, le transport aérien ou les lycées professionnels, grâce au renfort de syndicats autonomes.

« Le gros problème de FO, c'est la réforme de la représentativité syndicale » intervenue en 2008, explique l'historien Alain Bergounioux, auteur d'un « Que sais-je ? » sur FO. Pour rester un interlocuteur, il faut passer la barre de 10 % des voix aux élections professionnelles dans les entreprises (8 % aux niveaux des branches et du pays).

« Gare à 2017 ! », à l'échéance du deuxième cycle électoral après celui actuellement en cours d'ici 2013, prévient Bernard Vivier (Institut supérieur du travail), tout en estimant que « FO a de la ressource ».

Selon M. Bergounioux, FO risque de perdre sa représentativité « dans un certain nombre de branches », surtout dans le secteur privé.

Pour s'en sortir, la confédération mise sur l'affirmation de son identité vis-à-vis de la concurrence. Dans le conflit des retraites, M. Mailly et les siens ont cultivé une image d'irréductibles, choisissant de ne pas siéger au sein de l'intersyndicale, animatrice de la mobilisation, et refusant toute idée d'allongement de la durée de vie au travail. La centrale s'en est tenue à « l'unité d'action », dans les manifestations.

Partisane d'une journée de « grève franche », FO a même fait cavalier seul sur ce mot d'ordre. Si sa manifestation nationale du 15 juin 2010 fut un succès, la grève fut un échec, que M. Mailly n'a pas contesté.

L'alliance privilégiée CGT-CFDT, symbolisée par les coude-à-coude Thibault-Chérèque dans les cortèges et sur les plateaux télé, a fait de l'ombre à FO.