France Télécom : deux nouveaux suicides

Publié le 13/02/2010
Deux salariés de l'opérateur, un cadre et un technicien, se sont donné la mort en dehors de leur service. Une enquête est ouverte pour déterminer si ces gestes sont liés à leurs conditions de travail.
France Télécom : deux nouveaux suicides
France Télécom : deux nouveaux suicides
Deux salariés de l'opérateur, un cadre et un technicien, se sont donné la mort en dehors de leur service. Une enquête est ouverte pour déterminer si ces gestes sont liés à leurs conditions de travail.

Samedi 13 Février 2010, © L'Est Républicain / FRANCE

Deux salariés de France Télécom se sont suicidés ces derniers jours hors de leurs lieux de travail, a annoncé hie r la direction, qui ne privilégie ni n'exclut aucune hypothèse quant à un lien éventuel avec le travail. « L'entreprise est sous le choc », a déclaré un porte-parole du groupe déjà marqué par une série de suicides de salariés en 2009. « A l'heure qu'il est, on ne peut ni privilégier ni exclure aucune causalité », a-t-il ajouté.
Ces deux cas portent à cinq le nombre de suicides de salariés depuis début janvier, tous en dehors de leur lieu de travail, d'après le syndicat Sud. La direction a confirmé chacun d'entre eux. Le dernier cas est celui d'un salarié âgé de 32 ans, employé à Dijon dans le domaine des services aux entreprises, qui s'est suicidé jeudi soir à son domicile.
D'après une source syndicale, il était cadre et, comme 35% des salariés de France Télécom, sous contrat de droit privé. Après un arrêt longue maladie, il avait repris le travail il y a quelques mois. L'autre cas est celui d'un technicien d'une cinquantaine d'années de la Haute-Normandie, qui s'est donné la mort dans une forêt mardi. Une enquête de gendarmerie est en cours, a précisé France Télécom. D'après Sud, il avait le statut de fonctionnaire. Le nombre de suicides de salariés de France Télécom en deux ans (2008 et 2009) s'est établi à 35 au 31 décembre dernier, selon plusieurs syndicats.

Les syndicats prudents

Le 1er décembre, la direction avait annoncé avoir transmis à l'inspection du travail 32 cas de suicides de salariés en deux ans. « Depuis début janvier cela commence à faire beaucoup, sans compter au moins trois tentatives de suicides, cela rappelle la crise de juillet 2009 », a dit Patrick Ackermann, du syndicat Sud, également membre de l'Observatoire du stress et des mobilités forcées de France Tél.écom. De son côté, la CGT, prudente dans l'attente de davantage d'informations sur ces cas, réclame « d'aller plus vite dans les négociations en cours sur l'organisation du travail, qui est pathologique ». La CFDT s'est également déclarée « inquiète » tout en précisant qu'elle attendait les résultats des enquêtes. Pour Patrick Ackermann, « la tension est très forte dans l'entreprise, d'autant que la direction met du temps à reconnaître que des suicides ont un lien avec le travail ». Notamment au sujet du suicide d'un salarié fonctionnaire d'Annecy (Haute-Savoie) le 28 septembre dernier, alors qu'une étude commandée par le comité d'hygiène et de sécurité (CHSCT) a conclu au lien avec le travail, la direction ne l'a pas encore classé en accident de service.
Le comité central d'entreprise de France Télécom a demandé dans une motion il y a quelques jours que cela soit fait très rapidement. France Télécom a dit hier attendre les conclusions début mars d'un inspecteur général des affaires sociales nommé par le ministre du Travail en novembre pour rendre un avis sur la reconnaissance de suicides de fonctionnaires de France Télécom en accident de service.