General Motors fait le coup du sombrero à l'Alsace

Publié le 19/07/2010
1 150 salariés votent aujourd'hui à Strasbourg.
General Motors fait le coup du sombrero à l'Alsace
General Motors fait le coup du sombrero à l'Alsace
1 150 salariés votent aujourd'hui à Strasbourg.

 Photo AFP

En concurrence avec une usine GM mexicaine, les salariés de General Motors Strasbourg diront aujourd'hui s'ils renoncent à certains avantages.

Pour éloigner la menace d'une fermeture de leur usine, les 1 150 salariés du site General Motors de Strasbourg sont-ils prêts à renoncer à certains avantages et à se rapprocher du coût de la main d'oeuvre au Mexique ? Ils en décideront aujourd'hui, lors d'un vote interne.

Cette usine de boîtes de vitesse était encore il y a dix ans, l'un des plus gros sites industriels d'Alsace, avec 2 400 salariés. Mais au fil des ans, les effectifs ont fondu et avec la déroute du géant américain, l'usine a été placée en 2008 sous le contrôle de MLC, la coquille chargée de céder les actifs de GM.

Alsace ou Mexique ?

Depuis, les salariés vivent dans l'attente d'un repreneur, et craignent pour leur avenir. D'autant que des doutes planent sur la volonté de BMW, le principal client de l'usine, de maintenir ses engagements à l'horizon 2014.

Mais en juin dernier, coup de théâtre : le « nouveau » General Motors, désormais renfloué et détenu à 60 % par l'Etat fédéral américain, propose de racheter son ancien site, mais à certaines conditions. « Ils nous ont dit : on vous reprend, mais il faut que le coût de la main d'oeuvre baisse de 10 % », résume Jean-Marc Ruhland, le secrétaire général CDFT du comité d'entreprise. Car la direction du groupe, aux Etats-Unis, doit décider le mois prochain si elle confie la fabrication de boîtes de vitesse à Strasbourg, ou à une usine du Mexique, où les salaires sont évidemment moindres. « GM Company ne nous a jamais demandé de travailler comme les Mexicains, mais plutôt de faire un effort pour réduire l'écart avec les coûts pratiqués là-bas, dit un porte-parole de la direction strasbourgeoise. En contrepartie, GM a pris certains engagements, en garantissant notamment que, si l'usine devait fermer d'ici 2013, la direction rembourserait aux salariés les efforts consentis.»

Pragmatiques, les élus CFDT de Strasbourg considèrent que le retour de l'usine au sein de GM serait « une bonne nouvelle . Si on leur dit non, ils iront voir ailleurs », analyse M. Ruhland.

« Non au chantage »

En conséquence, la CDFT s'est attelée à « trouver une solution pour faire baisser la masse salariale de manière à ce que ça fasse le moins mal possible ». Pas question de réduire les effectifs, ni d'accepter des baisses de salaire brut. L'idée est plutôt de rogner sur différents avantages : intéressement, mutuelle de santé, restaurant d'entreprise ou journées de RTT, dont 7 ou 8 (sur 17 par an) disparaîtraient.

Le projet de reprise sera soumis aujourd'hui à l'ensemble des salariés, sous la forme d'un référendum interne organisé par trois syndicats sur quatre :FO, CFTC et CFDT. L'autre syndicat, qui pèse au sein de GM Strasbourg, la CGT, a toutefois appelé à voter « non » à ce qu'elle qualifie de « chantage de la direction. Nous refusons de signer un chèque en blanc aux dirigeants de GM. Ils ne nous donnent aucune garantie sur l'emploi en contrepartie de ce qu'ils nous demandent, dit Roland Robert, de la CGT.

Même si le « oui » l'emporte, l'attitude de la CGT pourrait avoir une influence déterminante sur la décision finale de GM, qui ne souhaite s'engager que sur la base d'un consensus syndical.