General Motors : reprise, les conditions semblent réunies

Publié le 22/07/2010
Après le flop de mardi, l'accord présenté hier par la direction de General Motors est finalement conforme aux négociations.
General Motors : reprise, les conditions semblent réunies
General Motors : reprise, les conditions semblent réunies
Après le flop de mardi, l'accord présenté hier par la direction de General Motors est finalement conforme aux négociations.

 Les conditions d'une reprise de l'usine General Motors de Strasbourg par l'américain GMC semblaient finalement réunies, hier, après le « oui » massif des salariés lundi et un dernier baroud des syndicats désamorcé en matinée.

L'accord présenté hier par la direction « est conforme aux négociations entreprises avant le référendum », lors duquel deux tiers des salariés se sont prononcés pour une reprise, a ainsi indiqué Jean-Marc Ruhland, délégué CFDT.

« La direction est venue ce matin (hier) avec une nouvelle copie conforme aux attentes des délégués syndicaux et du comité d'entreprise », a indiqué le représentant du syndicat, majoritaire dans l'usine de boîtes de vitesse installée au port du Rhin.

« Nous allons faire relire le projet par des juristes, jeudi (aujourd'hui) le CE donnera son avis avant la signature, si elle a lieu, vendredi à Strasbourg. Puis la maison mère de GMC à Detroit décidera de la suite à donner », a précisé le syndicaliste.

La CGT, deuxième syndicat sur le site, restait toutefois résolument hostile à signer un accord avec GMC qui souhaite que tous les syndicats l'entérinent. L'accord de la CGT n'est cependant pas obligatoire pour la conclusion de l'accord, a indiqué Roland Robert, délégué du syndicat qui dispose de 5 représentants contre 6 à la CFDT. Lundi plus de 70 % des 929 votants, sur les 1 150 salariés, ont approuvé le projet de reprise par General Motors Company (GMC), détenu à 60 % par l'Etat fédéral américain. Mais les trois syndicats favorables à cette reprise s'étaient fortement émus mardi de l'apparition dans le projet « d'une annualisation (1 607 heures) du temps de travail » qui éloignait la possibilité d'heures supplémentaires.

Démenti catégorique

« On nous prend pour des gogos », avait déploré, très déçu, le délégué de la CFDT qui considère le projet de GMC comme « le dernier rempart avant une fermeture totale de l'usine ». « Les conditions de la direction deviennent de plus en plus drastiques et c'est à se demander si elle souhaite réellement maintenir le site en activité », avait pour sa part déploré la CFTC.

Désamorçant le début de fronde, la direction de GM Strasbourg a « catégoriquement démenti », hier, avoir introduit mardi une clause sur l'annualisation du temps de travail. Les partisans d'une reprise par GMC estiment qu'elle permet d'éviter la faillite en l'absence d'un autre repreneur, même si elle suppose des sacrifices financiers pour le personnel.

L'accord prévoit une reprise sans réduction d'effectifs avec un carnet de commandes étoffé jusqu'en 2014 pour compenser la baisse des contrats avec BMW, aujourd'hui son principal client.

Mais en contrepartie, GMC qui a mis le site alsacien en concurrence avec une usine mexicaine à moindre coût, a demandé un gel des salaires sur deux ans, pas d'intéressement jusqu'en 2013 et une réduction des RTT de 16 à 10 jours, afin de réduire de 10 % les coûts de main-d'oeuvre.

Le maire socialiste de Strasbourg Roland Ries (PS) a souligné « l'effort important du personnel », demandant au futur repreneur « un projet industriel qui permette une transition réussie entre la production actuelle et les futurs produits  ».