General Motors : « une mascarade »

Publié le 21/07/2010
General Motors a comparé Strasbourg et le Mexique. Les syndicats dénoncent les nouvelles exigences, formulées après référendum.
General Motors : « une mascarade »
General Motors : « une mascarade »
General Motors a comparé Strasbourg et le Mexique. Les syndicats dénoncent les nouvelles exigences, formulées après référendum.

 

 

 


 

 

 Photo AFP

«Une véritable mascarade ». Responsable syndical CGT chez General Motors Strasbourg, Roland Robert ne mâche pas ses mots. Au lendemain du vote par les salariés concernant l'abandon de certains avantages pour éloigner la menace de fermeture de l'usine alsacienne, la rencontre, hier matin entre le représentant américain du liquidateur mandaté par le tribunal des faillites et les responsables syndicaux de l'entreprise de fabrication de boîtes de vitesse, a connu un rebondissement aussi inattendu qu'amer.

La présentation du vote à l'occasion d'un comité d'entreprise exceptionnel a débouché sur un large brouhaha doublé d'un dialogue de sourds.

Si à une large majorité le personnel (plus de 70 % des 929 votants sur 1130 salariés) s'était prononcé en faveur des conditions réclamées par GM se traduisant notamment par un abandon d'un tiers des seize jours de RTT, de nouvelles exigences de la direction ont fait monter d'un cran la colère chez le personnel et les salariés. « Elle rajoute une annualisation du temps de travail, la suppression du droit local et beaucoup de choses encore. Cela signifie que la semaine sera comptabilisée du dimanche au dimanche, avec disparition de primes », peste Roland Robert. « On savait que la direction mentait. Douze heures après avoir fait voter, on nous balance autre chose ».

«Le personnel voterait contre »

La position des représentants syndicaux doit, officiellement, être tranchée le 23 juillet.

« Il est clair que ce sera non, si aucun progrès n'est obtenu dans la négociation » menacent les rangs.

La CGT estime anormal qu'on « compare » le site de Strasbourg à « des travailleurs qu'on exploite au Mexique, en Chine ou ailleurs ».

General Motors a placé dans la balance les coûts de la main-d'oeuvre, avec ceux du Mexique, le constructeur s'étant réjoui, après le référendum que les salariés «comprennent que la priorité est l'avenir du site et le maintien des emplois ».

Les derniers jours, une scission était apparue entre la CGT, fermement opposée à la signature de l'accord et les trois autres délégations syndicales (CFTC, FO, CFDT), plus nuancées. Le dernier épisode pourrait rapprocher les points de vue. Roland Robert : « Il est clair qu'avec les nouvelles exigences de la direction, le personnel voterait aujourd'hui contre».

Antoine PETRY