Grève dans les aéroports : la police à la rescousse

Publié le 21/12/2011
Recours aux forces de l'ordre, vote d'une loi en janvier : le gouvernement a exprimé hier sa détermination à obtenir un retour à la normale dans les aéroports, alors que la grève d'agents de sûreté s'étend.
Grève dans les aéroports : la police à la rescousse
Grève dans les aéroports : la police à la rescousse
Recours aux forces de l'ordre, vote d'une loi en janvier : le gouvernement a exprimé hier sa détermination à obtenir un retour à la normale dans les aéroports, alors que la grève d'agents de sûreté s'étend.

© Le Républicain Lorrain, Mercredi le 21 Décembre 2011 / IG /

 

 

D'après le ministère de l'Intérieur, 300 policiers et 100 gendarmes seront appelés en renfort dès aujourd'hui pour éviter que les passagers restent bloqués, comme ici à Roissy. Photo AFP

Le gouvernement s'est dit prêt hier à envoyer les forces de l'ordre aujourd'hui dans les aéroports pour se substituer aux agents de sûreté qui ont décidé de poursuivre leur grève, entamée vendredi dernier, après l'échec de négociations avec les entreprises, conduites sous l'égide de médiateurs.

« Demain (mercredi) si la grève continue, la police aux frontières, la gendarmerie des transports aériens, et, si besoin, les CRS et la gendarmerie mobile seront mobilisées, pour faire en sorte que la sécurité dans les aéroports soit assurée », a déclaré la ministre des Transports, Nathalie Kosciusko-Morizet.

Trois cents policiers et cent gendarmes sont « d'ores et déjà prêts à se substituer aux agents grévistes », a annoncé le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Pierre-Henry Brandet. Ils pourraient assurer « les missions de fouilles des passagers et des bagages » et « f eraient en sorte qu'aucun passager ne se retrouve bloqué », a indiqué le porte-parole.

Deux syndicats de policiers, FO et Alliance, se sont déclarés hostiles à ce recours aux forces de l'ordre, et un haut gradé de la gendarmerie s'est montré sceptique, particulièrement en cette période de fin d'année, pendant laquelle les plans Vigipirate sont renforcés.

Du côté des grévistes, Benamar Belkouche, délégué CFDT chez ICTS France à Roissy, a déclaré que « les patrons ne sont prêts à aucun effort ». « On leur a demandé de faire des contre-propositions, ce qu'ils ont encore refusé », a-t-il dit au cinquième jour de grève des agents de sûreté qui réclament des négociations au niveau de la branche pour obtenir notamment une hausse de salaire de 200 euros.

Mouvement reconduit

« Nous reconduisons le mouvement mercredi et je pense que la grève va se durcir et s'amplifier », a ajouté le syndicaliste, pour qui les aéroports de Mulhouse, Beauvais et Rennes devraient rejoindre le mouvement rapidement. Tous les vols au départ de Lyon-Saint-Exupéry seront cependant assurés aujourd'hui, a déclaré la direction de l'aéroport, qui a reconduit son dispositif de mobilisation d'agents de sûreté extérieurs. Nice, troisième aéroport du pays, rejoindra aujourd'hui le mouvement. Le gouvernement avait pourtant exprimé tout au long de la journée sa détermination à obtenir une sortie de crise, notamment avec la désignation de deux médiateurs, l'un à Roissy l'autre à Lyon. Ce conflit a relancé le débat sur le droit de grève dans les transports, le gouvernement plaidant pour que soit transposé à l'aérien le dispositif en vigueur dans les transports terrestres. Un texte en ce sens sera d'ailleurs examiné à l'Assemblée le 24 janvier.