Grève dans les aéroports : la police à la rescousse

Publié le 23/12/2011
Le déploiement des forces de l'ordre aux contrôles de sûreté n'a pas pour autant démotivé les grévistes qui ont décidé de prolonger leur mouvement aujourd'hui.
Grève dans les aéroports : la police à la rescousse
Grève dans les aéroports : la police à la rescousse
Le déploiement des forces de l'ordre aux contrôles de sûreté n'a pas pour autant démotivé les grévistes qui ont décidé de prolonger leur mouvement aujourd'hui.

© Le Républicain Lorrain, Vendredi le 23 Décembre 2011 / IG /

 

 
Le gouvernement a justifié jeudi le recours à la police à Roissy pour remplacer les agents de sûreté en grève, par la proximité des fêtes de Noël, un dispositif inédit dans l'aérien qui suscite de vives critiques.

Des effectifs de la Police aux frontières (PAF) et de la Gendarmerie du transport aérien (GTA) ont été mobilisés hier à l'aéroport de Roissy, le plus touché par la grève des agents de sûreté qui réclament une augmentation de 200 EUR et de meilleures conditions de travail. Ce conflit, qui a démarré le 16 décembre, retarde les procédures d'embarquement mais a peu de répercussions sur le trafic aérien.

« Nous ne pouvons pas accepter que qui que ce soit soit pris en otage au moment de partir en vacances », a expliqué le président Nicolas Sarkozy, appelant « employeurs et salariés à dialoguer ». Lors d'une visite à l'aéroport de Roissy, le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a précisé que « 180 policiers et 80 gendarmes » avaient été déployés. Le droit de grève est « respecté », selon lui, car il n'y a pas eu de réquisition. Hier soir, la ministre de l'Ecologie et des Transports, Nathalie Kosciusko-Morizet, a mis sous pression les entreprises de sécurité en affirmant qu'elles seraient pénalisées, Aéroports de Paris ayant décidé de ne pas les rémunérer en raison de la grève. Les forces de l'ordre mobilisées procèdent à la fouille des passagers et des bagages mais ne réalisent pas les contrôles derrière les écrans. Malgré ce dispositif mis en place à la veille des fêtes de Noël et qui durera « le moins longtemps possible » selon François Fillon, des files de passagers se sont formées à Roissy avec une durée d'attente d'environ 25 minutes.

« Fuite en avant »

Les syndicats ont une nouvelle fois crié à l'atteinte au droit de grève, l'Union syndicale Solidaires estimant même « la démocratie en danger ». La CFDT a engagé une procédure en référé et FO indiqué travailler sur les modalités d'un recours. Côté politique, François Hollande, candidat PS à la présidentielle, a estimé que le gouvernement aurait dû susciter « une médiation » dans ce conflit que le gouvernement gère « à coup de menton ». « Maintenant, (le gouvernement) met la police à la place des salariés. Une nouvelle fois, c'est une fuite en avant qui va durcir le mouvement. Il voudrait mieux l'arrêter par une négociation », a-t-il dit. Les grévistes continuent, sans succès, de demander l'ouverture de telles négociations. Une nouvelle réunion est prévue aujourd'hui à Paris à laquelle la fédération des usagers des transports et des services publics (FUTSP) a demandé qu'Aéroports de Paris (ADP), se joigne, en tant que donneur d'ordre.

La substitution des forces de l'ordre aux grévistes reste rarissime en France. A l'automne 2010, pendant une grève d'éboueurs à Marseille, le préfet avait réquisitionné la Sécurité civile. Fin 1988, l'armée a assuré des navettes après la fermeture de deux lignes du RER. L'armée avait également prêté ses camions pendant Mai 1968.

Cette grève a relancé la polémique sur un encadrement du droit de grève dans les transports aériens. Des syndicats de pilotes et de personnel naviguant ont déjà menacé de déposer un préavis en février pour protester contre une proposition de loi UMP allant dans ce sens.