Grève : Total lâche du lest

Publié le 24/02/2010
La direction du groupe pétrolier, reçue hier à l'Elysée, a annoncé hier que les discussions avec les syndicats doivent reprendre ce matin.
Grève : Total lâche du lest
Grève : Total lâche du lest
La direction du groupe pétrolier, reçue hier à l'Elysée, a annoncé hier que les discussions avec les syndicats doivent reprendre ce matin.

© Le Républicain Lorrain, Mardi le 23 Février 2010 / IG /

 
Sous la pression de l'Elysée et face au spectre d'une pénurie de carburant Total a donné rendez-vous aux syndicats aujourd'hui, sa proposition d'avancer une réunion cruciale pour le site de Dunkerque n'ayant pas suffi à mettre un terme au conflit dans les raffineries. « Nous irons à la réunion mais nous ne signerons un relevé de fin de conflit que s'il est approuvé par les personnels en assemblée générale », a prévenu Charles Foulard, coordinateur CGT pour le groupe. Son syndicat, majoritaire, a jugé insuffisant le fait d'avoir avancé du 29 au 8 mars le prochain CCE consacré au site des Flandres et l'évolution du raffinage en France. Pour la CGT deux points demeurent essentiels pour mettre fin à la grève : des garanties de Total de ne pas fermer ou céder de raffineries pendant la durée d'un plan d'investissement sur plusieurs années qui doit être présenté et un engagement du gouvernement sur une table-ronde consacrée au raffinage en France, assorti d'un calendrier. La Fédération CFDT chimie et énergie a appelé à suspendre le mouvement mais cette position est contestée dans certaines raffineries.
127 stations à sec

Au sixième jour de grève, sur 2 600 stations-service Elf et Total, 127 étaient à court d'au moins un carburant hier soir. Le ministère de l'Energie a affirmé que les stations concernées par ces ruptures d'approvisionnement devraient être « réapprovisionnées dans la journée ». A Dunkerque, les salariés de Total ont appelé les consommateurs à « créer la pénurie » en achetant du carburant pour renforcer la pression sur l'industriel. La CGT a aussi appelé les personnels de deux raffineries Exxonmobil, à Fos-sur-Mer et Port-Jérôme-Gravenchon, à rejoindre la grève.

Dans la matinée, le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, puis l'Elysée avaient durci le ton à l'égard de Total. Estrosi demandait notamment au groupe pétrolier « de réunir à brève échéance son comité d'entreprise afin de clarifier sa position » sur la raffinerie de Dunkerque. Peu après, le président du conseil d'administration, Thierry Desmarest, a été reçu à l'Elysée.

Par ailleurs, la direction de Total a réitéré hier ses engagements à demander une table-ronde le 4 mars sur « l'avenir du raffinage de Total en France », au cours de laquelle les « investissements à cinq ans pour chaque site seront présentés et discutés ».