Grèves massives dans les raffineries

Publié le 13/10/2010
Onze des douze raffineries de métropole ont été touchées par les grèves hier. Des assemblées générales décideront aujourd'hui s'il y a reconduction.
Grèves massives dans les raffineries
Grèves massives dans les raffineries
Onze des douze raffineries de métropole ont été touchées par les grèves hier. Des assemblées générales décideront aujourd'hui s'il y a reconduction.

 

Les salariés de la raffinerie Total de Donges (Loire-Atlantique) ont manifesté devant leur établissement. Photo AFP

Des assemblées générales de grévistes auront lieu aujourd'hui dans quasiment toutes les raffineries de métropole pour décider d'une éventuelle reconduction du mouvement sur les retraites, qui a touché hier onze des douze raffineries, a-t-on appris de sources syndicales et patronales.

Les personnels de la Compagnie industrielle et maritime (CIM), qui gère au Havre les terminaux pétroliers, sont également entrés en grève reconductible hier, d'après la CGT. Ces terminaux alimentent les raffineries de la vallée de la Seine et livrent en kérosène les aéroports de Roissy et Orly.

Les six raffineries Total ont été affectées hier par des grèves, mais le mouvement n'a pas eu de conséquence sur les approvisionnements en carburants, d'après la direction.

Trois de ces raffineries ont entamé des manoeuvres d'arrêt : celle de Donges (Loire-Atlantique), de Grandpuits (Seine-et-Marne) et de La Mède (Bouches-du-Rhône), en raison du blocage des terminaux pétroliers de Fos-sur-Mer et Lavera par la CGT portuaire. La CGT du groupe Total, majoritaire dans la branche raffinage au plan national, a appelé à la grève reconductible.

Tache d'huile

Dans cinq des six raffineries, entre 50 et 80 % du personnel posté a cessé le travail hier, selon la direction. Mais à Feyzin (Rhône), où la CFDT est majoritaire, la mobilisation a été plus réduite, et une assemblée générale doit y décider aujourd'hui de la poursuite ou non du mouvement.

Les raffineries Total sont installées à Gonfreville L'Orcher (Seine-Maritime), Donges (Loire-Atlantique), La Mède (Bouches-du-Rhône), Feyzin (Rhône), Grandpuits (Seine-et-Marne) et près de Dunkerque (Nord).

Autour de l'étang de Berre, outre la raffinerie Total de La Mède, se trouvent trois autres raffineries (LyondellBasel à Berre, Esso à Fos et Ineos à Lavera). Déjà perturbées par le blocage des terminaux pétroliers proches, elles sont aussi entrées en grève reconductible, parfois partiellement.

Les autres sites Esso en France (raffinerie de Port-Jérôme Gravenchon, plate-forme pétrochimique attenante et dépôts sur le territoire) ne sont pas en grève.

Concernant les raffineries du groupe Petroplus, à Petit-Couronne, près de Rouen, la grève reconductible avec réduction de production engagée lundi s'est poursuivie hier, selon les syndicats. A la raffinerie de Reichstett, près de Strasbourg, appartenant au même groupe, seul un débrayage d'une heure a été organisé. Pour la CGT du groupe Total, « la pénurie de carburant est bien à l'ordre du jour dans un très proche avenir contrairement aux propos de l'Ufip (industries pétrolières) et du gouvernement ».