Ikea : le kit de la colère

Publié le 12/02/2010
« Voilà plusieurs semaines qu'ils connaissent notre position et nos exigences. La direction sait qu'avec ce qu'elle nous propose cela risque d'être le feu au sein du personnel.".
Ikea : le kit de la colère
Ikea : le kit de la colère
« Voilà plusieurs semaines qu'ils connaissent notre position et nos exigences. La direction sait qu'avec ce qu'elle nous propose cela risque d'être le feu au sein du personnel.".

Vendredi 12 Février 2010, © L'Est Républicain / SPÉCIALE

 


 Chaude ambiance, hier, au siège du groupe Ikea de Plaisir (Yvelines). Dans le conflit qui oppose depuis plusieurs jours la direction du géant suédois de l'ameublement aux salariés de plusieurs de ses 26 magasins en France, la discussion a tourné court en milieu d'après-midi. « De manière unilatérale, la direction a décidé de quitter la table des négociations » explique Hassina Arabi, membre du CCE et représentante syndicale pour la CFDT. Aussitôt, le mot d'ordre a été transmis aux autres délégations et aux 9.600 membres du personnel répartis à travers tout l'hexagone : grève générale ! Le conflit qui couve depuis plusieurs mois sur la question des salaires n'a pas trouvé de solution à court terme. Les syndicats réclament à l'unanimité une hausse générale de 4 %. « Nous étions même prêts à faire un pas en proposant, comme base de négociation 2 % » précise la syndicaliste. « Elle n'a rien voulu savoir ».
 

« Contents de crever l'abcès »


Dans les rangs de cette enseigne qui s'est longtemps targuée d'une image « sociale », voilà qui fait tache. « Qu'on touche à cette réputation, c'est ce qui leur fait mal aujourd'hui » témoigne un représentant du personnel du site de Metz-La Maxe, qui regroupe près de 440 personnes. « Mais les salariés des entrepôts comme des magasins sont contents de crever enfin l'abcès ». Car « on nous rabâche toujours l'argument de la crise pour justifier les restrictions de tous ordres », reprend Hassina Arabi, employée au site de Villiers-sur-Marne. « Le résultat, c'est que les remplacements se sont réduits mais que les cadences se sont accélérées. Or, quand on regarde partout dans les rayons on voit bien que la clientèle est là. Des entreprises mettent la clé sous la porte, mais Ikea continue de réaliser des bénéfices importants (NDLR : 52 millions d'euros de bénéfices pour 21,5 millards d'euros de chiffre d'affaires en France) ». Alors, le personnel « a le sentiment que la crise a bon dos » poursuit un salarié de Metz parlant d'« injustice ». Hier, l'appel à la grève s'est vite répandu comme une traînée de poudre, sous forme de débrayages à travers plusieurs magasins au moment fort des « nocturnes », temps fort de l'enseigne le jeudi. Sollicitée, la direction d'Ikea Metz n'a pas souhaité se prononcer.


 

A. P. (Antoine PETRY)