Jean-Louis Malys

Publié le 17/06/2010
Comment réagit la CFDT aux projets du gouvernement ?
Jean-Louis Malys
Jean-Louis Malys
Comment réagit la CFDT aux projets du gouvernement ?

© L'Est Républicain, Jeudi le 17 Juin 2010 / France-Monde

 

Jean-Louis Malys. Photo ER

C'est à peu près tout ce qu'on ne souhaitait pas. C'est dur, rapide. Quelqu'un né en 1955 va travailler vingt mois de plus, et deux ans s'il est né en 1956. Tout ce qu'on avait mis en avant lié au parcours, aux inégalités, aux carrières féminines ou précaires, à la pénibilité, n'a pas été pris en compte. Les rares mesures sont essentiellement symboliques. Le terme « polypensionnés » ne figure même pas dans le texte. Cette réforme va être payée à 85 % par les salariés.

Il y a la hausse de 1 % des tranches supérieures...

Les 15 % restants, c'est symbolique. 1 %, franchement... Il aurait fallu créer une tranche complète. C'est presque ridicule.

Le PS parle de mesure cosmétique...

Ou homéopathique, mais j'ai beaucoup de respect pour la médecine homéopathique.

Mauvais signepour les jeunes générations

L'équilibre vous paraît-il à portée ?

Non, c'est une espèce de réforme en trompe l'oeil pour faire croire que le système sera équilibré en 2018. Sauf que pour ça l'État, donc les impôts, rajouteront 15 milliards. Ensuite on va « tuer » le fonds de réserve des retraites. Que les générations qui bénéficient du papy-boom épargnent pour ceux qui vont la payer : l'idée était belle. Cette fois, les papy-boomers se réaccaparent l'argent pour leur problème à eux. C'est un très mauvais signe pour les jeunes générations. On veut l'équilibre pour 2018 avec des mesures dures, injustes, sans préparer la suite et sans certitude sur le financement, et qui vont contribuer à creuser les écarts.

Vos homologues des autres confédérations parlent, comme la CFDT, de mesures « injustes et inefficaces ».Cela annonce-t-il un front commun ?

Nous n'avons aucun souci avec elles. Nos différences sur la retraite, on les connaît, mais une réforme, nous en souhaitons une pour éviter de laisser le trou se creuser. Car derrière, il y a la capitalisation qui guette, et qui n'attend que ça.

Propos recueillis

par Antoine PETRY