Jour J tout doux

Publié le 15/06/2010
« Ne surtout pas affoler les foules », sauver les apparences et prier les parlementaires de faire un geste eux aussi, pour l'exemple. C'est, tout près du but, le mot d'ordre au gouvernement : y aller tout doux.
Jour J tout doux
Jour J tout doux
« Ne surtout pas affoler les foules », sauver les apparences et prier les parlementaires de faire un geste eux aussi, pour l'exemple. C'est, tout près du but, le mot d'ordre au gouvernement : y aller tout doux.

L'Est Républicain, Mardi le 15 Juin 2010 / Ouverture France-Monde

 

 

Le ministre du Travail, Éric Woerth, qui a mené des semaines de concertation avec les partenaires sociaux, les avertira ce soir des grandes décisions. Puis il dévoilera mercredi, avec l'avant-projet de loi, la série de mesures qu'auront à voter les parlementaires à la rentrée pour que la réforme soit opérationnelle dès l'an prochain.

Sobriété dans la forme pour ne pas réveiller les manifestations jusqu'à présent plutôt timides. Mais fermeté dans le message : c'est la fin de la retraite française à 60 ans. La France qui promet 45 milliards de réduction de ses dépenses publiques d'ici 2 013 s'attaque même à ses symboles, pour ne pas dire ses tabous, et envoie un signal fort aux marchés financiers, à l'Union européenne et à la rigoureuse Allemagne, pour les convaincre : elle s'attelle réellement à la réduction ses déficits sociaux déjà, et budgétaires bientôt avec la chasse aux niches fiscales.

Ajustable

Au soir de la manifestation de FO en solo, et une semaine avant le grand rassemblement de l'intersyndicale du 24 juin (CGT, CFDT, CFTC, Solidaires, FSU, Unsa), Éric Woerth joue piano face aux syndicats : son projet demeure « ajustable » en cas de trop forte opposition soudaine de la rue.

« Si le texte peut être encore amélioré, si les partenaires sociaux souhaitent négocier sur tel ou tel point, le gouvernement sera ouvert », annonçait-il hier.

Même d'Oslo où il était hier en déplacement, le Premier ministre François Fillon a cherché à atténuer les inquiétudes pour que les annonces du jour J passent sans trop de heurts : « On ne peut pas résumer la réforme des retraites à la seule question de savoir si c'est à 63 ans ou à 62 qu'il convient de partir », s'est-il opposé.

J-L D.