Journée test

Publié le 19/10/2010
Le gouvernement, qui avait écarté l'hypothèse d'une opposition dure et tenace à la réforme des retraites, parie désormais sur la proximité des vacances scolaires pour en finir avec un conflit qui commence à fleurer l'explosion sociale.
Journée test
Journée test
Le gouvernement, qui avait écarté l'hypothèse d'une opposition dure et tenace à la réforme des retraites, parie désormais sur la proximité des vacances scolaires pour en finir avec un conflit qui commence à fleurer l'explosion sociale.

Le Républicain Lorrain, Mardi le 19 Octobre 2010 / IG /

 

Alors que l'on croyait se diriger vers un baroud d'honneur avant le vote par le Sénat du projet de loi contesté, le mouvement s'est soudainement étendu jusqu'à devenir de moins en moins prévisible et contrôlable. Ce sont d'abord les lycéens qui, contre toute attente, sont entrés dans la danse aux côtés des cheminots et d'autres salariés du secteur public. Mais le coup dur pour le pouvoir a été donné par les personnels du raffinage, très remontés, capables d'assécher une économie et de mettre sens dessus dessous la société française. Leur détermination, accentuée par leur rivalité avec leurs camarades du rail, a fait monter les enchères. Elle a encouragé les routiers à passer à l'action à leur tour et à parachever ainsi la mise en place d'un dispositif à même de paralyser le pays. En quelques jours, le mouvement vient ainsi de changer de dimension, ce qui pour le gouvernement modifie la donne. Officiellement, la fermeté demeure de rigueur, malgré les appels à la négociation. On ne cédera pas. Pas maintenant. Combien de temps le gouvernement pourra-t-il continuer à tenir le rôle qu'il s'était attribué avec la certitude d'en tirer un bénéfice appréciable ? Toute la question est là.

Nicolas Sarkozy ne peut pas reculer s'il veut conserver cette image de réformateur courageux qui est sa dernière carte. Paradoxalement son meilleur allié se trouve peut-être du côté des syndicats. Parce que certaines organisations, à commencer par la CFDT, redoutent une radicalisation qui, en mettant en cause la légitimité du parlement, prendrait une tournure politique que la droite ne manquerait pas d'exploiter. Il est difficile de prétendre dans une démocratie représentative que le dernier mot revient à la rue. C'est pourquoi le pouvoir reste confiant sur l'issue d'un conflit dont la phase terminale devra être gérée par les syndicats. Or, l'unité syndicale commence à faiblir.

Le problème est qu'au-delà du jusqu'au boutisme de quelques catégories se lève une fronde plus générale, nourrie par la somme des mécontentements provoqués par une politique et des manières que de plus en plus de Français rejettent, parfois violemment. Le rendez-vous d'aujourd'hui donnera le niveau de la température du climat social.

Pierre FRÉHEL.