L'Alliance PSA-GM dans le vif

Publié le 24/03/2012
Automobile Lors d'un comité de groupe, hier, la direction de PSA a dévoilé un premier pan de projets communs
L'Alliance PSA-GM dans le vif
L'Alliance PSA-GM dans le vif
Automobile Lors d'un comité de groupe, hier, la direction de PSA a dévoilé un premier pan de projets communs

© L'Est Républicain, Samedi le 24 Mars 2012 / France-Monde 
© Vosges Matin, Samedi le 24 Mars 2012 / France Monde
 
Trois cents salariés ont manifesté hier au moment où se tenait un comité de groupe PSA. Photo AFP 

LES CHOSES s'accélèrent au sein de l'entente PSA-GM. Après avoir dévoilé jeudi la liste des dix dirigeants qui siégeront dans le comité de pilotage de L'Alliance, la direction de Peugeot-Citroën a profité, hier, de la tenue d'un comité de groupe européen, à Paris, pour entrer dans le détail des projets communs à venir. La première annonce est le report et le gel de plusieurs projets. Un décalage de sept mois est ainsi prévu pour l'industrialisation de la boîte de vitesses DCT dont la production reste envisagée sur le site de Valenciennes.Des projets gelés,des groupes créés

La direction justifie cette décision afin « d'explorer des voies plus économiques et notamment celles offertes par l'Alliance avec GM pour permettre au groupe de disposer d'une boîte de ce type ». La CGT s'en inquiète car le projet initial, que le syndicat pressent déjà « enterré », devait normalement générer 800 emplois dans le site nordiste. Le syndicat se dit aussi préoccupé sur le devenir du projet de véhicule haut de gamme qui devait voir le jour à Rennes. Bruno Lemerle, de la CGT observe que ce modèle « sera aussi revu, pour être monté, non sur une plateforme PSA, mais sur une plate-forme GM, ce qui laisse planer des doutes importants sur le lieu de production qui pourrait être retenu ». Le site de Madrid n'est pas épargné avec le gel là aussi d'un projet. « La conséquence dès 2013 sera le passage en une seule équipe de l'usine madrilène avec un impact sur l'emploi ».

Cinq groupes de travail viennent également d'être mis en place par l'Alliance. Deux étudieront la faisabilité de développements sur des plateformes communes pour le segment des grandes berlines et pour celui des véhicules compacts volumiques. Un autre se penchera sur un programme de petites voitures pour les marchés émergents, avec une première application potentielle en Amérique Latine. Un quatrième s'intéressera au co-développement d'une plateforme pour des petites voitures à basses émissions et une dernière se focalisera sur le programme de la boîte de vitesses DCT suspendu dans le cadre du plan d'économies 2012. La direction PSA informe surtout que « les équipes de recherche et développement concernées pourront être amenées à changer d'affectation mais sans que le niveau global des effectifs de R & D soit modifié ». Pour FO, « la mariée s'habille déjà de noir ».

Au-delà de cette première batterie d'annonce, la CFE-CGC estime que si « l'Alliance est pleine de promesses, elle nous imposera des efforts et notamment sur la compétitivité des sites, même si cette question est indépendante à l'accord entre les deux constructeurs ». Ricardo Madeira, de la CFDT, regrette que la direction « n'ait pas voulu en dire d'avantage concernant l'impact sur l'emploi de ces annonces et notamment le devenir du site d'Aulnay » pour lequel, hier, 300 personnes ont manifesté à Paris. Le représentant syndical entend poser le problème le 5 avril, lors d'un prochain CCE. D'ici là, une réunion tripartite entre les syndicats, la direction et le gouvernement pourrait avoir lieu comme se sont engagés, hier, des conseillers spéciaux du ministre de l'Industrie et de l'Élysée devant des représentants syndicaux.

Les syndicats de PSA et GM à Bruxelles

Face à cette Alliance tentaculaire qui pèse désormais 12 millions de véhicules, les organisations syndicales s'organisent. La CGT annonce ainsi que « les syndicats français, allemands, espagnols, anglais des deux groupes PSA et GM ont convenu, avec la Fédération européenne de la métallurgie, de se réunir début mai à Bruxelles, afin d'échanger leurs informations, leurs analyses et de décider de positions communes pour que l'alliance entre leurs patrons ne se fasse pas au détriment de l'emploi, ni des uns, ni des autres ».

Alexandre POPLAVSKY