L'année 2010 pourrait être décisive pour les retraites

Publié le 06/01/2010
Face à un déficit historique et à des perspectives encore pires, Nicolas Sarkozy a promis que le gouvernement "prendrait ses responsabilités" en mettant "tout" sur la table, y compris la question ultra-sensible de l'âge.
L'année 2010 pourrait être décisive pour les retraites
L'année 2010 pourrait être décisive pour les retraites
Face à un déficit historique et à des perspectives encore pires, Nicolas Sarkozy a promis que le gouvernement "prendrait ses responsabilités" en mettant "tout" sur la table, y compris la question ultra-sensible de l'âge.

Vendredi 01 Janvier 2010, © Vosges Matin /

Tout au long de l'année 2009, le chef de l'Etat a affiché sa détermination: 'Je ne serai pas le président qui laissera notre système de retraite aller à la faillite', 'quand viendra le temps de la décision à la mi-2010, que nul ne doute que le gouvernement prendra ses responsabilités'. En 2010, le déficit de la branche vieillesse du régime général (salariés) frôlera les 11 milliards d'euros. A l'horizon 2020, les besoins de financement atteindraient 25 mds d'euros, selon une prévision datant de 2007, avant la crise économique qui affecte lourdement les recettes de la Sécurité sociale. Le précédent rendez-vous des retraites, en 2008, qualifié par le Medef de 'rendez-vous manqué', n'a pas résolu le problème financier. Le gouvernement avait alors entériné l'allongement de 40 à 41 ans d'ici 2012 de la durée de cotisation nécessaire pour une retraite à taux plein. Il avait surtout privilégié de nouvelles mesures d'incitation pour prolonger l'activité (surcote augmentée, cumul-emploi retraite plus attractif, fin de la retraite d'office à 65 ans), au faible impact financier à court terme. Mais en 2010, 'il faudra que tout soit mis sur la table : l'âge de la retraite, la durée de cotisation et la pénibilité', a assuré Nicolas Sarkozy, assumant le risque d'un débat sur l'âge légal de départ (60 ans) qu'aucun gouvernement n'a touché au fil des différentes réformes depuis les années 1990. La question est ultra-sensible, comme l'ont confirmé les vives réactions quand Brice Hortefeux, alors ministre du Travail, a cité en juin l'exemple de l'Allemagne, où l'âge référence de départ sera progressivement porté de 65 à 67 ans d'ici 2029. Comme le met en avant le Medef, relever l'âge minimal de départ a un impact financier supérieur à l'allongement de la durée de cotisation nécessaire pour une retraite à taux plein (41 ans à partir de 2012, contre 37 ans et demi avant 1994). Mais les syndicats soulignent de leur côté que dans un contexte de fort chômage et de faible taux d'emploi des seniors, ce relèvement aurait surtout pour conséquence une baisse sensible des pensions. Même au sein des syndicats, le débat sur les retraites s'annonce délicat. Des tensions à la CGT sont apparues au grand jour lors de son congrès à Nantes cette semaine et la CFDT, dont le congrès est prévu en juin 2010, a été durablement marquée par les dissensions internes lors de la réforme de 2003. Pour l'heure, le calendrier est encore flou. Un rapport du Conseil d'Orientation des retraites (COR) est attendu fin janvier pour évaluer l'hypothèse d'un basculement du régime actuel 'en annuités' vers un régime 'par points' ou en 'comptes notionnels' -où l'assuré accumule au long de sa carrière un capital virtuel qui correspond aux cotisations versées-. Le COR s'attachera ensuite à préparer de nouvelles projections financières, base indispensable de la concertation avec les partenaires sociaux. Pour le ministre du Travail Xavier Darcos, la réforme, qui concernera aussi les fonctionnaires, se fera 'entre le printemps et la fin de l'année 2010'. Le calendrier sera chargé puisque le débat sur de nouvelles solutions de financement pour la dépendance des personnes âgées, 'viendra en même temps', selon M. Darcos.