L'espoir renaît à Florange

Publié le 17/02/2010
Mis en arrêt il y a déjà 18 mois en raison d'une baisse de la demande d'acier, le second haut-fourneau de Florange, le P3, devrait cracher ses premières coulées de fonte en fusion aujourd'hui.
L'espoir renaît à Florange
L'espoir renaît à Florange
Mis en arrêt il y a déjà 18 mois en raison d'une baisse de la demande d'acier, le second haut-fourneau de Florange, le P3, devrait cracher ses premières coulées de fonte en fusion aujourd'hui.

Mercredi 17 Février 2010, © Vosges Matin / REGION

 

 
Le coût des opérations nécessaires à l'arrêt et au redémarrage d'un haut-fourneau avoisine 1 million d'euros selon la CFDT.
Le redémarrage d'une telle installation ne s'improvise pas. Cette opération demande de la méthode, de la rigueur et nécessite beaucoup de temps. ' Ce n'est pas comme un ordi qu'on allume, il n'y a pas de bouton on off, plaisante Jacques Minet, secrétaire adjoint de la section CFDT. C'est assez compliqué. ' En fait, voilà déjà plusieurs semaines que des dizaines et des dizaines de salariés s'affairent autour du P3. Il y a là des employés d'ArcelorMittal mais aussi une équipe d'Espagnols qui connaît la procédure sur le bout des doigts. ' Il a fallu réaliser de gros travaux, le haut-fourneau était littéralement mort ', explique Jean-Marie Steube, ' il ne dégageait ni chaleur, ni bruit, c'était un peu étrange de passer à côté. Les gars ont bossé en 3X8 pour le remettre en fonction. Cela devait commencer samedi mais à cause du gel, on n'a pas pu. On a carotté le bas pour faire passer une torche. Ensuite, tout va monter en température. Les premières coulées ne pourront pas être exploitées, elles renfermeront trop d'impuretés. ' Didier Coletti, secrétaire CFDT a fait ses comptes. ' L'arrêt et le redémarrage d'un haut-fourneau peuvent être évalués à 1 million d'euros ', assure-t-il, ' le problème, c'est qu'on a perdu pas mal de compétences avec les copains qui ont quitté la boîte dans le cadre des départs volontaires. ' À la maison des syndicats de Florange, on se félicite du redémarrage mais on n'oublie pas que les négociations salariales annuelles n'ont pas satisfait toutes les centrales. ' On est monté au créneau en intersyndicale ', détaille Didier Coletti, ' nous, on réclamait 3,5 % d'augmentation générale, une augmentation individuelle de 1,5 % et une prime de 400 €. Résultat, on a obtenu 1 % en deux fois, une augmentation individuelle de 1,3 % et 100 € de prime. La CGT et la CFDT n'ont pas signé. Mais comme FO, la CFE-CGC et la CFTC ont ratifié, cet accord est appliqué. ' 'Dans le bon sens' ' D'un point de vue industriel, les choses vont néanmoins dans le bon sens ', avouent les responsables CFDT. ' Toute la région vit au rythme d'ArcelorMittal, alors c'est certain que cette nouvelle est. N'oublions pas qu'à un moment, on avait peur que les hauts-fourneaux ne soient jamais réactivés. On sent que l'espoir renaît, même chez les commerçants. ' Et de source syndicale, on murmure que la direction locale pourrait rapidement procéder à des embauches en CDI, même si personne n'ose avancer de chiffre précis. Croisons les doigts. Dominique CAMPISTRON dcampistron@estrepublicain.fr