L'UMP et Hollande : des « cadeaux de Noël »

Publié le 24/01/2012
Après le meeting de François Hollande, les socialistes se réjouissent que leur candidat porte un « projet de gauche ». La majorité le juge « en décalage complet avec le monde d'aujourd'hui », comme si c'était « Noël toute l'année ».
L'UMP et Hollande : des « cadeaux de Noël »
L'UMP et Hollande : des « cadeaux de Noël »
Après le meeting de François Hollande, les socialistes se réjouissent que leur candidat porte un « projet de gauche ». La majorité le juge « en décalage complet avec le monde d'aujourd'hui », comme si c'était « Noël toute l'année ».

© Le Républicain Lorrain, Mardi le 24 Janvier 2012 / IG /

 

 

Hollande promet qu'il sera possible de signer « autant »de contrats de génération « qu'il en faudra » car « ça ne coûte rien de plus » que les exonérations actuelles. Photo REUTERS

Il n'attendra pas jeudi et la présentation officielle de son programme : hier soir, François Hollande a encore glissé une nouvelle proposition, lors d'un débat sur « la souffrance au travail » : celle de créer « une notation sociale des entreprises ». Dimanche, dans un discours de près d'une heure trente devant 25 000 personnes, le député de Corrèze avait surpris, en livrant déjà certains de ses projets - en matière de logement social, sur le livret A, la laïcité, la sécurité, et en désignant comme son « véritable adversaire » le « monde de la finance ».

L'éducation, dont le candidat socialiste a annoncé vouloir faire « une grande cause nationale », l'a mené aussi hier en consultation avec les syndicats, FSU, Unsa Education et Sgen-CFDT. Hollande a-t-il voulu marquer un virage à gauche ? Non, a répondu hier le porte-parole du parti, Benoît Hamon, « certain que des électeurs modérés » pouvaient parfaitement s'y « reconnaître ». « Il y a un projet qui est un projet de gauche, porté par un candidat de gauche » face « à une droite qui gouverne le pays depuis 10 ans avec beaucoup de dureté, beaucoup de brutalité ». Il a ajouté : « On n'est pas dans des calculs pour savoir comment gagner des électeurs de tel ou tel bord ».

Concrètement, Hollande et son équipe travaillent à un document de 15-20 pages, dont « 85 % » des mesures sont déjà connues, qui sera tiré à plusieurs millions d'exemplaires pour être ensuite distribué, notamment, aux fédérations, selon son entourage.

« Candidat des années 80 »

Quant au parti présidentiel, il veut contre-attaquer avec la diffusion aujourd'hui d'un tract tiré à 6 millions d'exemplaires, destiné à « rétablir la vérité » sur le bilan de Nicolas Sarkozy et vanter les « 10 grandes réformes » du quinquennat. Hier, les ténors de l'UMP ont multiplié les déclarations, critiquant un « discours à l'ancienne, manichéen » d'où la crise était « absente » (Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy), qualifiant Hollande de « candidat des années 70-80 » (Brice Hortefeux, responsable de la cellule riposte de l'UMP). C'était un « discours du monde d'hier », avec « toujours les vieilles recettes » rendues caduques par la crise, selon Bruno Le Maire, ministre et chargé du projet présidentiel de l'UMP, ou encore un « discours d'incantation » pour Claude Guéant, ministre de l'Intérieur. Pour le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, Hollande a décliné sur tous les registres « le cadeau de Noël », s'est livré à « un grand numéro de démagogie », mais n'a pas fait « le discours d'un homme courageux ». « Hier (dimanche) tout l'après-midi, on a entendu l'annonce qu'on aurait avec François Hollande Noël toute l'année », a-t-il estimé.

La porte-parole du gouvernement Valérie Pécresse a jugé que « François Hollande, (c'était) zéro économies et zéro réformes », le ministre UMP du Travail, Xavier Bertrand, estimant que Hollande n'avait « absolument pas les mêmes priorités que les Français ».

Eva Joly, candidate d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), a de son côté déploré qu'il n'ait « pas dit un mot d'écologie dans son discours ». Philippe Poutou, candidat du NPA, a, lui, estimé que « le compte n'y (était) pas » sur l'emploi ou les retraites.