L'UMP veut « revoir » le statut des enseignants

Publié le 09/11/2011
Réuni en convention sur l'Education, l'UMP propose d'intégrer dans les missions des enseignants non seulement les cours mais aussi l'accompagnement.
L'UMP veut « revoir » le statut des enseignants
L'UMP veut « revoir » le statut des enseignants
Réuni en convention sur l'Education, l'UMP propose d'intégrer dans les missions des enseignants non seulement les cours mais aussi l'accompagnement.

© Le Républicain Lorrain, Mercredi le 09 Novembre 2011 / IG /

 

 

Le ministre de l'Education nationale Luc Chatel estime qu'il est important d'avoir un débat « sans tabou ». Photo Philippe RIEDINGER

L'UMP a provoqué l'inquiétude des syndicats de l'éducation en proposant hier de « revoir » les « obligations de service » des enseignants via « un nouveau statut » qui permettrait d'intégrer dans leurs missions « l'accompagnement », comme le tutorat. Il s'agit d'une des 30 propositions du parti présidentiel pour sa convention sur l'éducation, organisée au théâtre Bobino à Paris et destinée à alimenter le projet du futur candidat Nicolas Sarkozy.

Il est important d'avoir un débat « sans tabou », ont estimé le ministre de l'Education nationale Luc Chatel et le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé à leur arrivée à la convention. Chatel a également assuré qu'il n'y avait « pas de projet caché ». Aujourd'hui, dans le secondaire, un professeur doit assurer 15 heures de cours par semaine s'il est agrégé et 18 heures s'il est certifié, selon un décret de 1950 sur les missions des enseignants. La redéfinition de ces missions « pourrait aboutir » à « la création d'un nouveau corps qui concernerait les candidats à l'actuel Capes et serait ouvert aux professeurs certifiés en exercice, sur la base du volontariat ».

Un « piège » dénoncé

« Cette mesure, si elle était retenue par Nicolas Sarkozy » pour la présidentielle de 2012, serait applicable à compter du concours 2013 du Capes, a indiqué la présidente UMP de la commission des Affaires culturelles et de l'Education de l'Assemblée, Michèle Tabarot. Ceux qui enseignent déjà pourraient eux aussi, s'ils le souhaitent, opter pour ce nouveau statut en échange d'une « revalorisation de leur rémunération », a précisé Mme Tabarot.

« On était prêt à débattre du changement du statut, d'inclure d'autres modalités dans notre service mais à condition que cela se traduise en diminution du service face aux élèves. Là, on a bien compris que c'est en plus », déplore Patrick Gonthier (Unsa Education). « Nous sommes pour une évolution du statut », renchérit Thierry Cadart (Sgen-CFDT), mais « pour nous, la reconnaissance de ces nouvelles tâches doit s'accompagner d'une baisse des obligations de services en termes de face-à-face pédagogique classique ». Selon Patrick Gonthier, « ce double statut », avec une meilleure rémunération du nouveau, « apportera de la concurrence dans les établissements » et « des tensions entre personnels ». « L'UMP est en train de monter un piège : recrutements diversifiés, rémunérations inégales et chefs d'établissements transformés en évaluateurs et notateurs », résume-t-il.

De fait, l'UMP préconise aussi la mise en place d'une évaluation des enseignants « par le chef d'établissement », s'appuyant sur « une dimension qualitative », « qui mesurerait leur capacité à faire progresser les élèves ». « On voit qu'il y a une vision du management des personnels qui est très marquée par le secteur privé dans ce qu'il peut avoir de pire. Il faut mettre en place une évaluation collective de travail pour aider les enseignants à orienter leur action et non pas entrer dans une logique d'évaluation-punition, carotte et bâton », estime Thierry Cadart.