La CFDT n'exclut pas un durcissement si le gouvernement s'obstine

Publié le 10/06/2010
« On peut craindre du frontal »
La CFDT n'exclut pas un durcissement si le gouvernement s'obstine
La CFDT n'exclut pas un durcissement si le gouvernement s'obstine
« On peut craindre du frontal »

L'Est Républicain, Jeudi le 10 Juin 2010 / Ouverture France-Monde
 

 

Le Lorrain Alain Gatti préside la journée forte du congrès de Tours. Photo ER

Secrétaire général CFDT Lorraine, Alain Gatti préside aujourd'hui à Tours le temps fort du congrès de la confédération syndicale, marquée par la venue de Bernard Thibault et la prise de position officielle sur le dossier des retraites.

86,8 % d'approbation du rapport d'activité hier, c'est du jamais vu...

C'est historique, en effet. Nous sommes en phase avec la dénonciation des injustices, sur les retraites certes, mais pas seulement. Et François Chérèque a bien déblayé le terrain dès son entrée, en apportant les garanties attendues. Il a fait passer le message : nous ne tomberons pas dans le piège des contreparties. Ce que nous voulons, c'est un véritable projet alternatif, pas une adaptation de projet gouvernemental. Celui-là, on le rejette.

Malgré tout, on a le sentiment que votre opposition ne suffira pas à faire reculer le gouvernement...

Au moins sait-il qu'il n'aura pas la CFDT à ses cotés, mais bien au contraire : contre lui ! Le degré de mobilisation du 24 juin sera un élément de réponse, même si on peut craindre que, obstiné comme l'est le Président, il ira au bout, notamment pour des enjeux de calendrier et de politique politicienne. On peut craindre du frontal, effectivement.

Que pense la CFDT du projet de faire cotiser davantage les fonctionnaires ?

Voilà quelques jours, on nous sort les retraites. Cette semaine, c'est les fonctionnaires, et hop ! C'est de la politique par petits bouts, rien dautre. Il n'y a aucune vision globale. On ne peut pas se prononcer sur un sujet qu'on nous balance avec ce qu'il faut de provoc' et de coups politiques, en nous disant c'est « à prendre ou à laisser », sans qu'aucune réflexion ne soit menée en « gagnant-gagnant ».

« Le réformisme ce n'est pas du renoncement »

Sur le dossier des retraites, la CFDT, qui regagne des adhérents, tire-t-elle profit de l'acceptation par l'opinion publique d'une inéluctable adaptation mêlée d'un besoin de protection ?

Oui, car nous vivons dans une société toujours plus dure, et il faut savoir tenir les deux bouts de la corde. Il faut être radical quand il y a de l'injustice et des coups tordus comme c'est le cas, mais aussi savoir proposer un projet, pour répondre à ce que vivent les gens. Sinon, on ne sert à rien. Le réformisme, ce n'est pas du renoncement, c'est au contraire de l'exigence.

Sur un plan personnel, que représente la présidence d'une journée de congrès comme celle d'aujourd'hui ?

Dans une carrière syndicale, c'est une satisfaction personnelle, je ne vais pas dire le contraire, même si ça creuse la boule au ventre... Mais c'est aussi la reconnaissance du travail mené par la CFDT en Lorraine et dans l'est de la France.

Propos recueillis par Antoine PETRY