La CFTC face au défi de la représentativité

Publié le 14/11/2011
La CFTC ouvre demain à Poitiers son 51e Congrès, où devrait être élu à sa tête, sauf surprise, Philippe Louis, ancien cheminot alsacien de 55 ans, mais l'avenir du syndicat chrétien est obscurci par le couperet de la représentativité qui dans deux ans risque de le mettre en péril.
La CFTC face au défi de la représentativité
La CFTC face au défi de la représentativité
La CFTC ouvre demain à Poitiers son 51e Congrès, où devrait être élu à sa tête, sauf surprise, Philippe Louis, ancien cheminot alsacien de 55 ans, mais l'avenir du syndicat chrétien est obscurci par le couperet de la représentativité qui dans deux ans risque de le mettre en péril.

© Vosges Matin, Lundi le 14 Novembre 2011 / France 

Philippe Louis devrait être élu demain à la tête du syndicat chrétien.

Après un Congrès très mouvementé à Strasbourg en 2008, les épreuves de force ont cette fois eu lieu en amont et semblent avoir aplani la voie de l'actuel secrétaire général de la Confédération française des travailleurs chrétiens, seul en lice pour l'accession à la présidence.

A la tête de la centrale depuis neuf ans, Jacques Voisin, ne brigue pas un nouveau mandat. Et celui qu'il avait présenté début 2011 comme son dauphin, Jean-Louis Deroussen, le président de la Caisse nationale d'allocations familiales (Cnaf), a finalement été évincé au profit de M. Louis.

Le principal défi qu'affrontent les délégués du Congrès est de pouvoir dégager une stratégie permettant de préserver la CFTC comme syndicat représentatif au niveau national, un privilège dont elle bénéficie actuellement et qui lui permet de participer aux côtés des quatre autres grands (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC) aux négociations sur des accords sociaux au niveau national.

Mais, suite à la loi du 20 août 2008, elle doit, pour préserver ce rang, se prévaloir d'au moins 8 % des voix au niveau national aux élections professionnelles (10 % dans une entreprise). Le couperet devrait tomber en 2013 lorsque les résultats de ces scrutins entamés en 2009 seront agrégés.

Or, « il y a une usure électorale très significative de la CFTC, la loi de 2008 produit lentement, mais de façon certaine, une désagrégation de la CFTC » et « en 2013, le maintien de sa représentativité n'est pas assuré », souligne Bernard Vivier, directeur de l'Institut supérieur du travail.

« Le risque est une CFTC transformée en archipel, avec des îlots qui tiendraient dans des entreprises ou régions, sans représentativité nationale », prévient-il.

Face au danger, la direction refuse une stratégie de rapprochement ou de fusion avec d'autres syndicats (FO, CFE-CGC, UNSA, etc.).

« La CFTC n'est ni à vendre, ni à être mise en solde, nous resterons nous-mêmes », affirme Pascale Cotton, pressentie comme prochaine secrétaire générale. « Nous ne sommes pas inquiets, nous sommes vigilants. Cette représentativité, parce qu'on la mérite, on va la gagner », on « rentre en résistance », ajoute-t-elle.

Mais alors, comment affronter l'échéance de 2013 ? « Les élections professionnelles ont été délétères, il va y avoir beaucoup de contestation juridique de notre part. Il sera très compliqué d'avoir une base solide », argue Mme Cotton.

Ces élections ont mis la centrale en difficulté dans de grandes entreprises publiques ou parapubliques (gaz, électricité, RATP, SNCF).

Les récents scrutins dans la fonction publique ont été un échec pour la centrale chrétienne reléguée en queue de peloton, mais elle reste implantée dans l'enseignement privé et dans des secteurs du privé comme la grande distribution.