La CGT boude les voeux présidentiels

Publié le 06/01/2011
Arguant du conflit sur les retraites, la CGT n'ira pas à la cérémonie des voeux de Nicolas Sarkozy, aujourd'hui à l'Elysée. Une première.
La CGT boude les voeux présidentiels
La CGT boude les voeux présidentiels
Arguant du conflit sur les retraites, la CGT n'ira pas à la cérémonie des voeux de Nicolas Sarkozy, aujourd'hui à l'Elysée. Une première.

© Le Républicain Lorrain, Jeudi le 06 Janvier 2011 / IG /

 

Le refus de la CGT de se rendre à l'Elysée confirme le changement de climat et de ton dans les relations entre Bernard Thibault et Nicolas Sarkozy. Photo Thierry NICOLAS

Pour la première fois, la CGT, Bernard Thibault en tête, n'ira pas à la cérémonie présidentielle des voeux aux syndicats, au patronat et aux associations, programmée aujourd'hui à 17h à l'Elysée. La centrale refuse de cautionner « un simulacre » après le conflit sur les retraites.

Rappelant que « 2010 a été marquée par la mobilisation sociale unitaire pour s'opposer à la réforme des retraites », la CGT note que « c'est dans ce contexte que se présente la cérémonie habituelle des voeux de l'Elysée aux 'forces vives' ». « Sans nul doute, l'encouragement au dialogue social et la nécessité de syndicats forts seront classiquement présents dans les voeux présidentiels. La CGT refuse d'apporter son concours à ce simulacre », ajoute-t-elle.

« Tradition »

La confédération FO a indiqué pour sa part qu'elle se rendrait aux voeux du président, « une tradition républicaine ». « La CFDT ira », a-t-on simplement déclaré à la centrale de François Chérèque. Le président de la CFTC, Jacques Voisin, a affirmé : « On va à cette invitation du président comme tout républicain qui se respecte. « On va écouter avec beaucoup d'attention ses voeux. » Son homologue de la CFE-CGC (cadres), Bernard Van Craeynest, a renchéri : « Quels que soient nos différends [...], l'hôte de l'Elysée n'en reste pas moins démocratiquement élu, et de ce fait nous restons dans cette tradition républicaine d'échanges de voeux. Ca n'empêche pas d'exprimer nos divergences ».

Cette réception à l'Elysée intervient alors que la réforme des retraites a provoqué une brouille profonde entre syndicats et gouvernement. « Les relations sont un peu plombées avec les pouvoirs publics », juge le numéro un de FO Jean-Claude Mailly. Patronat et syndicats sont d'autre part remontés contre « les ponctions régulières de l'Etat » sur les fonds qu'ils gèrent paritairement (formation professionnelle, reclassement de salariés licenciés, etc.). Autant d'« interférences » critiquées par Laurence Parisot, présidente du Medef.

Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a demandé hier à ses ministres de ne pas se « laisser détourner » de leur tâche, « ni en anticipant des échéances électorales [...] ni en participant à des polémiques », à l'occasion du premier conseil des ministres de l'année 2011.