La CGT en proie au doute

Publié le 03/02/2011
La CGT, qui réunit aujourd'hui son « parlement », paraît hésiter sur sa stratégie alors que des rumeurs récentes donnaient Thibault sur le départ.
La CGT en proie au doute
La CGT en proie au doute
La CGT, qui réunit aujourd'hui son « parlement », paraît hésiter sur sa stratégie alors que des rumeurs récentes donnaient Thibault sur le départ.

Le Républicain Lorrain, Jeudi le 03 Février 2011 / IG
 

 

« J'ai fait une mise au point la semaine dernière pour ne pas alimenter la rubrique des potins », affirme Bernard Thibault. Photo AFP

Le menu du Comité confédéral national de la CGT, « parlement » à huis clos qui se réunit aujourd'hui et demain, s'annonce particulièrement dense : mise au point d'entrée du secrétaire général pour réaffirmer sa détermination à aller au bout de son mandat, avenir de l'intersyndicale, dont l'unité a été un moteur de la contestation de masse de la réforme des retraites, point d'étape sur les restructurations internes, considérées par la direction comme un enjeu vital.

L'annonce par Le Parisien que Bernard Thibault avait fait part juste avant Noël aux sept autres membres du Bureau confédéral de son intention d'abandonner ses fonctions avant la fin 2011 a suscité moult spéculations.

Conflits internes

Le secrétaire général, qui avait annoncé après sa réélection en décembre 2009 la volonté d'achever son 4e mandat, a tenté d'y couper court le jour même, en démentant « très clairement » un tel projet, ainsi que l'existence de « conflits internes tels qu'ils déstabiliseraient sa direction nationale ». Un membre du Bureau confédéral jure qu'il « est faux » que le numéro un ait tenu de tels propos devant cette instance.

Des proches de Bernard Thibault attribuent ce buzz à des échos venant de l'exécutif, au moment où la CGT affiche une opposition plus résolue que jamais au gouvernement, symbolisée par le boycottage des voeux élyséens.

A l'intérieur de la CGT, toutefois, certains ont colporté « l'information ». Les confidences de sources internes ne font guère de doutes pour les connaisseurs de la centrale syndicale. « C'est bien une cabale interne », qui a pour origine « un mécontentement à l'égard du style de gouvernement » de la CGT, jugé trop distant à l'égard de la base, affirme un membre. Mardi, Bernard Thibault a affirmé que la direction de la confédération était « unie et soudée ».

Certes, l'orientation de la CGT dans le conflit sur les retraites n'a guère été contestée. Toutefois, les hésitations cégétistes à enraciner l'intersyndicale (CGT, CFDT, FSU, Solidaires, Unsa, parfois rejoints par CFE-CGC et CFTC) dans le paysage social intriguent, la centrale de Montreuil ayant beaucoup misé ces dernières années sur la recherche de l'unité.

Enfin, Bernard Thibault aura fort à faire pour relancer le chantier, quasiment au point mort, de l'adaptation des structures de la CGT aux mutations du salariat, un enjeu qualifié de « vital » par son prédécesseur Louis Viannet.