La chinoiserie de Peugeot Scooters

Publié le 11/01/2012
Les syndicats évoquent un fiasco commercial en Chine. La direction dément
La chinoiserie de Peugeot Scooters
La chinoiserie de Peugeot Scooters
Les syndicats évoquent un fiasco commercial en Chine. La direction dément

© L'Est Républicain, Mercredi le 11 Janvier 2012 / France-Monde

 

Les représentants de trois syndicats parlent d'un marché chinois déficitaire pour Peugeot Scooters. Photo Francis REINOSO

À PEUGEOT SCOOTERS, les CCE extraordinaires se multiplient. Hier, syndicats et direction se sont de nouveau retrouvés au siège de la filiale PSA, à Mandeure dans le Doubs. Un expert, mandaté par les syndicats pour étudier le projet de la direction qui prévoit une réduction des effectifs de 200 emplois (de 739 salariés à 539) et l'arrêt de l'activité sur Dannemarie (Alsace) d'ici fin 2012, devait présenter ses conclusions. Selon les organisations syndicales, ce rapport vient confirmer « l'échec stratégique du développement de Peugeot Scooters en Chine ». Karine Buecher (CFTC), Emmanuel Guillier (CGT) et Cyrille Luquet (CFDT) sont unanimes sur le sujet. Chiffres à l'appui, ils démontrent ce qu'ils qualifient de « fiasco ». Depuis la création de la Joint-Venture avec le partenaire Quingji, en 2006, la marque du Lion n'aurait en effet vendu au pays de la Grande Muraille que « 1.000 scooters » avancent les syndicats. Ils assurent également que le site de production basé à Jinan, ne produira que 30.000 des 90.000 scooters de la filiale en 2012 alors qu'à son lancement en 2008, le constructeur français tablait sur 160.000 unités par an. Tant est si bien que le développement en Chine qui devait permettre à Peugeot Scooters de conquérir de nouveaux marchés en Europe comme en Asie se révélerait une division déficitaire. « Les pertes en Chine se montent à 4,8 millions d'euros (partagées avec le partenaire chinois) alors que l'on nous assurait que ce développement devait nous rapporter des dizaines de millions », estiment les syndicats.

La direction s'est empressée de démentir. Alors que le directeur général, Pierre-Louis Colin, présidait le CCE extraordinaire, ses services répondaient que « sans la Chine, Peugeot Scooters serait dans une situation encore plus difficile. Comme l'expert l'a souligné, le développement en Chine a été bénéfique à l'entreprise ».

La direction assure qu'elle se montera plus précise sur ce sujet à la suite du prochain CCE extraordinaire déjà programmé au 20 janvier prochain. Si Bruno Muller, le directeur de la communication et des relations extérieurs, reconnaît une production contrainte en Chine, qu'il impute aux réglementations et à un marché du partenaire en perte de vitesse, il confirme la poursuite du développement de la marque en Chine et en Asie. D'abord pour pouvoir vendre en Europe des scooters low-cost (moins de 1.000 EUR) mais aussi pour produire et développer des scooters dédiés aux marchés asiatiques.

Alexandre POPLAVSKY