La disparition de la Halde inéluctable

Publié le 24/11/2010
Des protestations s'élèvent, relayées par des syndicats et des associations
La disparition de la Halde inéluctable
La disparition de la Halde inéluctable
Des protestations s'élèvent, relayées par des syndicats et des associations

© L'Est Républicain, Mercredi le 24 Novembre 2010 / France-Monde

 

LA DISPARITION de la Halde, désormais sans présidence et sans augmentation du budget, apparaît désormais inéluctable, malgré la mobilisation d'associations et de personnalités pour sauver cette institution indépendante créée en 2004.

«Sans président, il n'y a pas de délibération, pas de recrutement et pas de marché public», déplore sous le couvert de l'anonymat un cadre de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité, qui emploie 90 personnes.

Jeannette Bougrabpas remplacée

Dix jours après l'entrée de Jeannette Bougrab dans le gouvernement remanié de François Fillon, personne ne l'a remplacée, même à titre intérimaire, à la tête de l'institution qu'elle a dirigée pendant sept mois.

La Halde est appelée à disparaître avec la mise en place du Défenseur des droits, prévue début 2011 par la révision constitutionnelle de juillet 2008. Jeannette Bougrab, qui avait promis de «se battre comme une tigresse» pour défendre la Halde, a quitté ses fonctions sans dresser de bilan. Elle «a organisé la paralysie de l'institution», accuse le même cadre. «On se doutait bien» que l'ancienne cadre UMP «répondrait aux ordres et aux consignes du gouvernement» et «l'histoire nous a malheureusement donné raison», ajoute-t-il. Face à des perspectives incertaines, de nombreux départs ont été enregistrés.

La direction de la Halde n'a pas souhaité apporter de commentaire, indiquant seulement que «tous les agents de la Halde sous soumis à un devoir de réserve».

Initialement, le Défenseur des droits devait regrouper le Médiateur de la République, le Défenseur des enfants (créé en 2000), la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS, existant aussi depuis 2000). La commission des lois du Sénat a ajouté la Halde. Ce projet de disparition, justifié par le souci de réaliser des économies, a provoqué un élan de solidarité des syndicats et des associations. «La Halde doit rester une institution indépendante, identifiée par le public, administrativement et budgétairement autonome et gérée comme telle», plaide SOS la Halde, une coordination d'une quarantaine de syndicats (CGT, CFDT, FO) et associations.

«Dépenses exorbitantes»

Critiquée par des députés UMP pour ses dépenses «exorbitantes», la Halde a vu ses crédits gelés par l'Assemblée nationale pour le budget 2011. Elle demandait une nouvelle augmentation de 344.000 euros de son budget, qui est de 11,9 millions d'euros.

La vice-présidente du Front national (FN) Marine Le Pen a appelé à la disparition de la Halde, une «structure politique et totalitaire» selon elle. La députée villiériste Véronique Besse (MPF) a, elle, déposé une proposition de loi pour supprimer l'institution, la jugeant «coûteuse» et «inutile».

En septembre, un rapport de la Cour des comptes a éreinté la gestion du précédent président de la Halde, Louis Schweitzer, dénonçant notamment les dépenses de communication de 6,2 millions d'euros et le loyer annuel de 1.831.952 euros versé pour le siège de 2.304 m2 du 11 rue Saint-Georges (IXe), soit 795 euros le m2 contre 308 dans la rue voisine.

En 2009, la Haute autorité a reçu plus de 10.700 plaintes, contre moins de 1.500 en 2006. Ce qui, selon elle, aurait justifié la hausse de son budget.