La durée de cotisation en jeu

Publié le 03/04/2010
La concertation gouvernement-syndicats-patronat commencera le 12 avril, deux jours avant une réunion cruciale du Conseil d'orientation des retraites (Cor) sur les perspectives financières du système.
La durée de cotisation en jeu
La durée de cotisation en jeu
La concertation gouvernement-syndicats-patronat commencera le 12 avril, deux jours avant une réunion cruciale du Conseil d'orientation des retraites (Cor) sur les perspectives financières du système.

Samedi 03 Avril 2010, © L'Est Républicain / FRANCE MONDE

Les régimes de retraite par répartition, « un élément irremplaçable de notre modèle de protection sociale », sont « confrontés à d'importants déficits, qui menacent leur pérennité », a rappelé le ministre du Travail Eric Woerth.
Une retraite sur dix n'est plus financée en 2010, selon le gouvernement, le Premier ministre François Fillon ayant chiffré le déficit du système à 100 milliards par an à l'horizon 2050.
Conformément au souhait de Nicolas Sarkozy, cette concertation approfondie devrait permettre d'examiner l'ensemble des pistes possibles de réforme, aussi bien pour les salariés du privé que pour les fonctionnaires.
Le 12 mars, le chef de l'Etat avait exprimé son intention de « tout mettre sur la table », notamment la durée de cotisation, l'âge de départ à la retraite, la pénibilité.
De son côté, le Cor, composé de chercheurs, représentants syndicaux et patronaux, parlementaires et hauts fonctionnaires, se réunit le 14 avril, avant de présenter de nouvelles projections financières cruciales pour le débat.
Il envisagera notamment plusieurs scénarios avec différentes durées de cotisations minimales ou encore des reculs de l'âge minimum de départ à la retraite au-delà de 60 ans. Or, fin mars, la CGT et la CFDT ont fait part de leurs craintes de manœuvres politiques ou d'instrumentalisation autour des travaux du Cor. Jean-Louis Malys a ainsi fait part de son refus d'accepter dans le rapport du Cor des hypothèses « extrémistes » du Medef, comme le relèvement à terme de l'âge minimum de départ à 65 ans et la durée de cotisation à 45 ans.
« C'est utiliser le Cor pour durcir le ton, faire apparaître la solution du gouvernement comme médiane », a-t-il affirmé.
Seule la CFE-CGC n'exclut pas une telle éventualité, mais y met plusieurs conditions.
Cependant, ils estiment tous que d'autres mesures pour accroître les ressources sont nécessaires.
Le gouvernement a, quant à lui, affirmé à plusieurs reprises qu'il n'augmenterait pas les prélèvements obligatoires.
Le texte doit être déposé au Parlement en septembre.