La gauche et les syndicats vent debout

Publié le 08/11/2011
A cinq mois de la présidentielle, le second plan d'austérité annoncé par François Fillona été fustigé par l'opposition.
La gauche et les syndicats vent debout
La gauche et les syndicats vent debout
A cinq mois de la présidentielle, le second plan d'austérité annoncé par François Fillona été fustigé par l'opposition.

© Le Républicain Lorrain, Mardi le 08 Novembre 2011 / IG /

 

 

Pour François Hollande, le candidat PS à la présidentielle, ce plande rigueur est « incohérent, injuste et inconséquent ». Photo AFP

Ce programme « ambitieux » est « à la hauteur des difficultés qui sont face à nous », « c'est là où réside aussi le courage politique », s'est réjoui hier le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé après les annonces faîtes par le Premier ministre. En revanche, le président du MoDem, François Bayrou, voit « un changement de cap » et « un manque de justice » dans ce plan qui « ne demande pas aux plus favorisés l'effort que l'on demande aux classes moyennes et aux petits revenus ».

Plus virulent, le porte-parole du PS, Benoît Hamon, dénonce une « immense opération de mystification » et de « dilapidation du modèle social français ». La conséquence de ce plan « totalement inéquitable, totalement déloyal » sera « le désordre économique et social », prévoit-il.

Pour la candidate EELV à la présidentielle, Eva Joly, ce plan est un « mea culpa honteux et partiel des mesures adoptées en début de quinquennat » qui « ont mis le pays au bord de la faillite ».

Autre candidat à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) qualifie ce plan de « contresens total » et « d'agression contre les gens du commun ».

« Attaque frontale »

Les critiques des organisations syndicales ne sont pas moins virulentes. C'est une « attaque frontale contre le monde du travail », le « gouvernement est dans la main des marchés » et cette « logique d'austérité est une logique suicidaire », affirme le numéro un de FO Jean-Claude Mailly. « On est en train de glisser vers une situation à l'espagnole ou à la grecque », prévient Mailly qui va convoquer les instances de son organisation pour « faire le point » et « n'exclut rien » en terme d'action. La CFDT, elle, a décidé de « prendre contact avec les autres organisations syndicales afin d'envisager les suites à donner ». La centrale de François Chérèque dénonce l'absence de « toute mesure de soutien à l'activité et à l'emploi » alors qu'« une récession s'annonce ».

Quant à l'accélération de la réforme des retraites, elle « rapporte peu, inquiète les salariés » et ne vise qu'à adresser « un signal aux agences de notation », estime la centrale de François Chérèque qui donne crédit au gouvernement sur un seul point : « Le passage à 7 % du taux intermédiaire de TVA qui va dans le bon sens à condition qu'il ne s'applique pas aux produits de première nécessité ». L'union syndicale Solidaires appelle aussi à « la construction de mobilisations d'ampleur, pour refuser la spirale infernale de l'austérité ».

« Le niveau de vie va baisser de façon importante pour tous les Français », déplore Danièle Karniewicz (CFE-CGC). Pour Luc Bérille, secrétaire général de l'Unsa, l'une des mesures « les plus injustes » est la « désindexation de nombreuses prestations sociales » qui aura « des effets extrêmement graves à court et moyen terme ».

« On recule l'âge de départ à la retraite mais on ne crée par d'emploi pour les seniors », souligne Eric Aubin (CGT). Dès avant l'annonce gouvernementale, la patronne du Medef, Laurence Parisot avait jugé « extraordinairement rassurant (e) » l'accélération de la réforme de retraites, « un signe très encourageant ». Elle avait jugé acceptable une hausse limitée de la TVA dans la restauration mais pas dans le bâtiment.