La grève ne fait pas recette

Publié le 22/01/2010
La journée d'action nationale n'a pas fait recette hier. Malgré la mise en place de la réforme des services publics, les fonctionnaires ne se sont pas beaucoup mobilisés.
La grève ne fait pas recette
La grève ne fait pas recette
La journée d'action nationale n'a pas fait recette hier. Malgré la mise en place de la réforme des services publics, les fonctionnaires ne se sont pas beaucoup mobilisés.

Vendredi 22 Janvier 2010, © Vosges Matin / LE FAIT DU JOUR / LE FAIT-DU-JOUR

¨Place Gutemberg à Strasbourg hier matin.
G La journée de grève et d'action chez les fonctionnaires connaissait une mobilisation limitée hier, avec des taux de grévistes nettement inférieurs aux dernières journées d'actions interprofessionnelles de 2009. Les fonctionnaires étaient appelés à la grève et à des manifestations contre les suppressions de postes et les réformes de l'Etat en cours, dans un peu plus de 120 villes de France, par la CGT, Solidaires et la FSU, la CFDT et l'Unsa ne se joignant à eux que dans l'enseignement et l'Equipement. A la mi-journée, le ministère de la Fonction publique avait recensé 12,2% de gréviste parmi les agents de l'Etat, 3,5% parmi ceux des collectivités locales et 2% parmi ceux des hôpitaux. Ces chiffres sont très inférieurs à ceux de la dernière journée d'action interprofessionnelle, le 19 mars 2009, qui avait mobilisé 26% de grévistes dans la Fonction publique d'Etat, 15% dans les collectivités territoriales et 18,4% dans les hôpitaux. Ils sont néanmoins supérieurs à la dernière journée de grève concernant uniquement des fonctionnaires, le 10 juin 2008, où seulement 3,5% des fonctionnaires (dont 5,5% d'agents de l'Etat) avaient répondu à l'appel à à la grève lancée par les mêmes syndicats (CGT, FSU et Solidaires). Le taux de grévistes dans l'Education nationale était jeudi à la mi-journée de 14,36%, contre 27,9% le 19 mars 2009, selon le ministère. Plus précisément, l'appel à la grève était suivi hier matin à 17,7% dans le primaire et 13,8% dans le secondaire, selon le gouvernement. Le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, a évoqué de son côté ' plus de 40% ' de grévistes, et le SNUipp-FSU, principal syndicat des écoles primaires, prévoyait 33% de grévistes. Cette journée d'action visait notamment à dénoncer les suppressions de postes d'enseignants (50.000 depuis 2007), les difficultés de remplacements, ou encore la réforme de la formation des professeurs. Les fonctionnaires territoriaux étaient également invités à protester contre les ' projets visant à limiter les recrutements des communes à des personnes sans statut' de fonctionnaire, et contre le regroupement en deux ou trois grandes directions des nombreux services de l'Etat dans les départements. Ces grèves ont entraîné des perturbations dans plusieurs grandes villes de France. A Toulouse, 35 écoles sur 119 étaient fermées et seulement une cinquantaine d'enfants ont été accueillis dans le service d'accueil obligatoire que la mairie a dû mettre en place après sa condamnation par le tribunal administratif. A Bordeaux, seulement 700 enfants ont été accueillis dans les écoles, et à Marseille, où 170 écoles primaires sur 450 étaient fermées, 8.000 personnes (2.400 selon la police) ont défilé en musique derrière une banderole proclamant: ' Services publics: notre bien commun pour l'emploi, les salaires, les statuts, les retraites'. A Nice, deux militants du SNUipp-FSU, portant chacun un masque représentant Nicolas Sarkozy et des pancartes ' Casse-toi, pauvre con' , ont été brièvement interpellés par la police lors d'une manifestation qui a réuni 1.200 selon la police, 1.500 selon les organisateurs. A Clermont-Ferrand, 3.500 manifestants selon les syndicats, 1.300 selon la police, ont scandé au son de l'accordéon: 'Les services publics sont pas des pompes à fric, c'est notre capital, ne les laissons pas aux multinationales!'. Des agents administratifs du CHU avait écrit sur une pancarte: 'aujourd'hui pour vous soigner il faut ça' , sous la photographie d'une carte Vitale, ' demain il faudra ça', sous celle d'une carte bancaire.