La menace des routiers

Publié le 06/12/2009
Les syndicats des quelque 500.000 salariés du transport routier appellent à bloquer les entrepôts de la grande distribution à partir du 13 décembre.
La menace des routiers
La menace des routiers
Les syndicats des quelque 500.000 salariés du transport routier appellent à bloquer les entrepôts de la grande distribution à partir du 13 décembre.
La colère couve depuis plusieurs années. Les hypermarchés pourraient en faire les frais à la veille de Noël.

Insatisfaits des propositions patronales sur les salaires, les syndicats des quelque 500.000 salariés du transport routier de marchandises ont appelé hier à une grève à partir du 13 décembre à 21 h 30, menaçant ainsi les approvisionnements alimentaires des fêtes de fin d'année.
Les actions envisagées ne devraient pas comporter d'opérations escargot sur les routes ou aux péages, mais des blocages d'entrepôts de marchandises, ont affirmé les syndicalistes, réunis au siège de la CFTC Transports à Paris.
Elles viseront notamment les entrepôts de la grande distribution alimentaire, Auchan ou Carrefour en tête, groupes accusés d'être responsables du « dumping social » qui frappe le transport routier en France, selon Gérard Martinez, secrétaire général de FO Transports.
Elles cibleront aussi les entreprises de transports, grandes ou petites.

Payés 1.300 € brut

« On est dans une profession complètement paupérisée et, en janvier, mécaniquement lorsque le Smic sera revalorisé, l'intégralité de la grille salariale des routiers sera en dessous du Smic » (les salariés concernés étant alors payés au Smic), a indiqué Max Dumont, secrétaire général de la CFDT Transports, premier syndicat du secteur.
Il a précisé que le salaire moyen mensuel à l'embauche de la profession était de 1.300 € brut.
Les syndicats réclament le passage à un salaire de 10 euros brut de l'heure pour les coefficients les plus élevés, 4 % d'augmentation pour les cadres et 4 % pour l'augmentation des frais de déplacement, ainsi qu'un 13e mois pour tous, une grille d'ancienneté identique pour tous et l'ouverture d'un calendrier social comportant notamment la mise en place d'une mutuelle pour la branche.
« Notre action cible le transport routier de marchandises, car il n'y a eu aucune augmentation depuis deux ans », a déclaré Thierry Douine, président de la CFTC transports routiers.
« Les chiffres de l'Unedic récemment publiés montrent que 2008 s'est soldée par 1.000 suppressions d'emplois » dans le secteur, « c'est 1.000 de trop, mais cela ne justifie par la mise à la soupe populaire et le gel des salaires que nous subissons du fait du patronat », a renchéri M. Dumont, en rappelant que l'un des syndicats patronaux, la FNTR, avait tablé sur 30.000 suppressions d'emplois en 2008 dues à la crise et 90.000 fin 2009.
Le dernier grand mouvement de routiers, avec une telle unité syndicale, remonte à novembre 1997.

Sauver les fêtes

Hier, le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau a appelé le patronat et les syndicats du secteur à continuer de négocier, estimant qu'il est « urgent » de trouver un accord « afin de prévenir un conflit, qui ne peut être que néfaste au transport routier durement touché par la crise actuelle, à l'économie de notre pays et au bien-être de nos concitoyens ».
Il a appelé les organisations patronales et syndicales du secteur à « poursuivre et améliorer le dialogue social sur la revalorisation de la grille salariale et la modernisation de la profession ».
Les syndicats ont balayé les dernières propositions salariales faites vendredi par l'une des organisations patronales, TLF, estimant qu'elles visaient surtout à diviser les salariés entre ceux des messageries et les autres.

Mercredi 02 décembre 2009, © L'Est Républicain / FRANCE