La retraite à 60 ans dès novembre pour certains

Publié le 07/06/2012
A quatre jours du premier tour des élections législatives, le gouvernement a ouvert une brèche dans la réforme des retraites de 2010 en accordant à certains salariés de partir à 60 ans.
La retraite à 60 ans dès novembre pour certains
La retraite à 60 ans dès novembre pour certains
A quatre jours du premier tour des élections législatives, le gouvernement a ouvert une brèche dans la réforme des retraites de 2010 en accordant à certains salariés de partir à 60 ans.

© Le Républicain Lorrain, Jeudi le 07 Juin 2012 / IG /

La ministre des Affaires sociales Marisol Touraine a présenté hier le nouveau dispositif pour la retraite au Conseil des ministres. Photo AFP

Concrétisant une promesse de François Hollande, la ministre des Affaires sociales Marisol Touraine a détaillé le nouveau dispositif de départ partiel à la retraite à 60 ans en Conseil des ministres.
 
LE FAIT DU JOUR

Les salariés du privé et les fonctionnaires ainsi que les non salariés ayant commencé à travailler à 18 ou 19 ans et ayant entre 41 et 41,5 ans de cotisations pourront cesser de travailler à 60 ans, sans attendre les 62 ans prévus par la réforme de Nicolas Sarkozy. Un bonus est accordé aux mères et aux chômeurs.

Environ 110 000 personnes seront concernées en 2013 par cette « mesure de justice qui concerne ceux qui ont été le plus durement pénalisés par la réforme de 2010 », a précisé la ministre devant les journalistes.

«C'est une mesure juste et un engagement de campagne» qui «ne remet pas en cause le pouvoir d'achat» des Français, a commenté le Premier ministre Jean-Marc Ayrault hier soir sur TF1.

La mesure de base est une extension du dispositif « carrières longues » qui permet une retraite anticipée à 60 ans, ou avant, pour celles et ceux ayant commencé à travailler au plus tard à 17 ans. Mais par rapport à ce dispositif, le décret va améliorer la situation des mères et des chômeurs (lire ci-dessous).

Le décret sera publié au Journal Officiel au début de l'été. Il entrera en vigueur au 1er novembre.

Moins coûteux que prévu

Les syndicats, qui s'étaient vivement opposés à la réforme de 2010, ont salué ce premier pas. « Cela va dans le bon sens mais c'est insuffisant », a commenté Jean-Claude Mailly, leader de Force Ouvrière, un syndicat qui veut le retour des 60 ans pour tous. La CGT qui a salué une mesure qui « rompt avec les politiques menées partout en Europe ».est sur la même ligne. La CFDT et l'Unsa ont exprimé leur satisfaction. La CFTC estime que « pour les mères de plus de deux enfants, deux trimestres supplémentaires, ça ne suffit pas, il en aurait fallu au moins quatre ».

Selon le gouvernement, le coût sera de 1,1 milliard d'euros en 2013, 3 milliards en 2017, moins que les 5 cités pendant la campagne de François Hollande. Du coup la hausse des cotisations retraite salariale et patronale prévue (+0,1% par an pour les uns et les autres) n'atteindra pas 0,5 % en 2017 mais seulement 0,25 % pour les salariés et 0,25 % pour les entreprises, ce dont a « pris acte » le Medef. Mais l'organisation patronale n'a pas caché son inquiétude sur les défis financiers qui attendent les régimes de retraites, demandant que soit évalué l'impact de la mesure sur les régimes complémentaires Agirc-Arrco, gérés par les partenaires sociaux ainsi que sur l'Unedic.

La droite a sorti l'artillerie lourde. « Nous n'avons pas le moindre euro pour financer ces cadeaux électoraux », a lancé Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, annonçant « une hausse massive d'impôts ». L'ex-ministre du budget Valérie Pécresse a affirmé que « des millions de personnes vont payer plusieurs centaines d'euros de cotisation retraite supplémentaires ». « Cela fera 1,40 EUR supplémentaire de prélèvement par mois pour un salarié au Smic », a souligné Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement.